La 36e cérémonie des Ig Nobel a eu lieu jeudi soir au Kongresshaus de Zurich, marquant la première édition de cet événement hors du continent nord‑américain. Organisés par le magazine Annals of Improbable Research, ces prix mettent en lumière des travaux scientifiques à la fois surprenants et sérieux, récompensant l’originalité et la capacité à susciter la curiosité du grand public.
Un déplacement pour raisons de sécurité
Le choix de Zurich n’est pas anodin. Les organisateurs ont expliqué craindre pour la sécurité des participants et des journalistes si la cérémonie s’était tenue aux États‑Unis cette année. Comme l’a souligné Marc Abrahams, fondateur de l’événement :
« Il est devenu dangereux pour nos invités de se rendre aux États‑Unis. Nous ne pouvons en toute bonne conscience demander aux nouveaux lauréats ni aux journalistes de s’y rendre cette année. »
Ce déplacement vers la Suisse représente une inflexion importante pour un raout scientifique qui, pendant trois décennies, s’était tenu dans des institutions américaines telles que Harvard, le MIT ou l’université de Boston.
Humour et science : un cocktail ancré
Les Ig Nobel célèbrent des recherches qui, bien que souvent amusantes à première vue, reposent sur des méthodes scientifiques légitimes et visent à stimuler l’intérêt pour la science en dehors des circuits académiques traditionnels. Lors de la soirée zurichoise, des travaux traitant de sujets aussi variés que «les astuces pour mieux se moucher» ou les «apports en protéines du lait de cafard» ont été mis en avant, illustrant la diversité des approches récompensées.
- Objectif : récompenser l’originalité et l’imagination en recherche.
- Ton : humour, découverte et convivialité scientifique.
- Historique : trente‑six éditions, précédemment organisées majoritairement aux États‑Unis.
Invités de marque et ancrage universitaire suisse
La cérémonie s’est rapprochée du paysage académique local, avec des liens noués avec l’EPFZ (EPF de Zurich) et l’Université de Zurich. Plusieurs figures internationales ont été conviées pour remettre les prix : les économistes Esther Duflo et Abhijit Banerjee, le biochimiste Tim Hunt ainsi que l’astrophysicien suisse Michel Mayor. Leur présence confère une caution scientifique et médiatique à une manifestation qui joue volontairement sur la frontière entre sérieux et dérision.
| Élément | Faits |
|---|---|
| Édition | 36e |
| Lieu | Kongresshaus, Zurich (Suisse) |
| Organisateur | Annals of Improbable Research |
| Invités pour remettre les prix | Esther Duflo, Abhijit Banerjee, Tim Hunt, Michel Mayor |
Conséquences et portée
Au‑delà du folklore, les Ig Nobel jouent un rôle pédagogique : ils rapprochent le grand public de la démarche scientifique, parfois en déconstruisant l’idée que la recherche doit toujours être austère pour être valable. En récompensant des études atypiques, l’événement promeut la créativité et rappelle que l’innovation peut naître de questions inattendues.
Le déplacement de l’édition zurichoise pose toutefois une question plus sérieuse : la sécurité des chercheurs et des journalistes dans certains contextes géopolitiques. Que cet élément ait conduit à déplacer un événement culturel et scientifique souligne la manière dont les tensions internationales peuvent désormais peser sur la libre circulation des idées et des savoirs.
Si la cérémonie a gardé son esprit bon enfant — avions en papier, remises de prix théâtrales et camaraderie — elle témoigne aussi d’un recentrage européen ponctuel, offrant à Zurich une vitrine pour la science sous un angle résolument divertissant mais instructif.