Une décision qui relance la procédure
La cour d'appel de Bruxelles a estimé fondée la requête en récusation introduite par la défense de l'agent de joueurs Christophe Henrotay dans le cadre du procès portant sur le rachat du RSC Anderlecht. L'annonce, faite par Me Dimitri de Béco, signifie que l'ensemble de l'affaire devra être rejugé « devant un tribunal composé différemment », selon la défense.
Les raisons de la récusation
La défense reprochait à la présidente du tribunal correctionnel de Bruxelles d'avoir, au cours d'un échange organisé pour préparer les audiences, laissé transparaître « un soupçon fondé quant à sa capacité à traiter ce dossier avec la sérénité et l'impartialité requises ». Ce point a été retenu par la cour d'appel, ce qui entraîne la nullité des actes déjà posés et l'obligation de recommencer la procédure.
« Un soupçon fondé quant à sa capacité à traiter ce dossier avec la sérénité et l'impartialité requises. »
Le fond du dossier : des soupçons de manipulations lors de la vente de 2017
Le procès vise à éclaircir les circonstances de la vente du club bruxellois en 2017. Selon le parquet fédéral, la transaction aurait été entachée de manipulations à plusieurs reprises. Parmi les personnes poursuivies figurent, aux côtés de Christophe Henrotay, l'ancien CEO Jo Van Biesbroeck et l'ex-manager général Herman Van Holsbeeck.
Trois repreneurs potentiels étaient en lice à l'époque : Marc Coucke, le patron de Ghelamco Paul Gheysens et l'Ouzbek Alisher Usmanov, présenté par Henrotay. D'après les éléments rassemblés par le parquet, une commission de 3 millions d'euros aurait été promise à Henrotay s'il parvenait à faire venir un acquéreur, mais M. Usmanov s'était ensuite désisté.
Par la suite, la défense explique que Henrotay aurait orienté Gheysens vers l'achat du club, ce qui aurait abouti à une offre de 91 millions d'euros. En raison d'un épisode lié au projet de stade national, Gheysens serait ensuite devenu « persona non grata » à Anderlecht. Le club a finalement été cédé à Marc Coucke, dont l'offre était inférieure. Henrotay a néanmoins réclamé sa commission, estimant avoir présenté les meilleures propositions ; les actionnaires n'auraient accepté de lui verser qu'une somme d'environ 1 million d'euros.
Conséquences locales et calendrier judiciaire
Pour les habitants d'Anderlecht et les supporters, cette décision rallonge une procédure déjà longue et attendue depuis plusieurs années. La nullité des actes et la recomposition du tribunal signifient que le procès devra être relancé, avec de nouvelles auditions et une nouvelle organisation des débats. La date de reprise du dossier n'a pas encore été fixée publiquement.
- Objet du procès : rachat du RSC Anderlecht en 2017
- Personnes visées : Christophe Henrotay, Jo Van Biesbroeck, Herman Van Holsbeeck (parmi d'autres)
- Décision : récusation acceptée, procédure à recommencer
Points à surveiller
Plusieurs éléments resteront à suivre de près pour la population anderlechtoise et les observateurs du monde du football :
| Élément | Statut |
|---|---|
| Récusation | Acceptée par la cour d'appel |
| Reprise du procès | Obligatoire, tribunal recomposé |
| Montants évoqués | 3 millions € (commission promise), 91 millions € (offre de Gheysens), ~1 million € (somme versée par les actionnaires) |
La décision de la cour d'appel remet à zéro une procédure qui devait faire la lumière sur des transactions et des échanges au cœur d'une des institutions sportives les plus connues de la capitale. Les prochaines étapes judiciaires détermineront si les soupçons de manipulation se traduiront par des condamnations ou par une clarification des responsabilités. En attendant, supporters et habitants d'Anderlecht devront patienter : le feuilleton judiciaire n'est pas près de se terminer.