La préfecture de la Côte‑d’Or a renforcé, depuis l'arrêté pris le 14 août 2026, les règles encadrant le lavage des véhicules dans tout le département, désormais placé en « crise sécheresse ». Objectif affiché : préserver des ressources en eau jugées fragiles après plusieurs semaines de précipitations faibles et de fortes chaleurs.
Une interdiction générale… avec des dérogations très ciblées
Concrètement, le lavage des voitures à l'eau est interdit sur l'ensemble du territoire départemental, sauf exceptions prévues par l'arrêté préfectoral. Les installations professionnelles ne peuvent rester ouvertes que si elles respectent des conditions strictes et si le nettoyage est rendu nécessaire par un impératif de santé, de salubrité ou de sécurité publique. Un lavage de confort visant uniquement à rendre le véhicule propre ne constitue pas un motif suffisant.
Ce que doivent appliquer les stations de lavage
Pour pouvoir maintenir une ou plusieurs pistes de lavage ouvertes, une station doit être en mesure de contrôler l'accès et de s'assurer du caractère justifié du nettoyage. L'arrêté impose notamment :
- la présence d'une personne chargée de vérifier la conformité du motif de lavage ;
- la capacité matérielle à restreindre l'usage des pistes aux véhicules répondant aux critères définis par la préfecture ;
- l'utilisation, lorsque c'est possible, de dispositifs limitant la consommation d'eau (recyclage, systèmes économes).
Chiffres locaux et zones concernées
La préfecture a précisé que, dans le département, 11 secteurs sont actuellement classés en situation de crise et 3 en « alerte renforcée ». Ces niveaux impliquent des contraintes étendues pour la vie quotidienne et pour certains usages professionnels.
| Indice | Nombre de secteurs |
|---|---|
| Situation de crise | 11 |
| Alerte renforcée | 3 |
Raisons et priorités : eau potable, santé, sécurité
La mesure vise à garantir l'approvisionnement en eau potable et à préserver la santé, la salubrité et la sécurité publiques. En cas de restrictions, les autorités privilégient les usages essentiels au détriment des usages considérés comme non prioritaires.
Conséquences pour les usagers et les professionnels
Pour les automobilistes, la règle est simple : aucun lavage à l'eau sauf si le véhicule présente un risque sanitaire, compromet la salubrité ou la sécurité (par exemple un camion agricole chargé de boue susceptible de détériorer la voie publique). Pour les exploitants de stations, l'arrêté instaure une obligation de contrôle et de responsabilité. Si le propriétaire ou le gérant ne peut assurer la présence de la personne chargée du contrôle, la piste ne peut rester ouverte.
Que faire si on doit absolument nettoyer son véhicule ?
Avant de se rendre en station, il convient de s'assurer que le motif rentre dans les exceptions prévues par la préfecture. À défaut, il est recommandé de reporter le lavage ou d'utiliser des alternatives non consommatrices d'eau (nettoyage à sec) lorsque cela est possible. Les professionnels et collectivités sont encouragés à privilégier les équipements économes et les systèmes de recyclage.
Vers une gestion durable de l'eau en Bourgogne
La situation en Côte‑d’Or illustre une tendance plus large : des épisodes caniculaires répétitifs et une pluviométrie insuffisante obligent les collectivités à repenser l'usage de l'eau. À court terme, les mesures préfectorales cherchent à protéger l'essentiel ; à moyen terme, elles posent la question de l'investissement dans des infrastructures de traitement et de réutilisation pour limiter l'impact des sécheresses futures.
Pour rester informés, les automobilistes et exploitants doivent se référer aux communiqués de la préfecture et aux arrêtés locaux qui précisent, pour chaque zone, les modalités d'application. En période de crise, la vigilance collective et l'adaptation des pratiques sont indispensables pour traverser la sécheresse sans compromettre les besoins vitaux de la population.