Dans le Châtillonnais, en Côte‑d’Or, un jeune agriculteur a choisi de mettre en lumière son métier en sortant du silence traditionnel du milieu agricole. Installé sur la ferme familiale en 2023, Jean‑David Chevallier élève avec deux associés — son cousin et son oncle — 110 vaches Brunes destinées à l’aire d’appellation contrôlée de l’AOP Époisses. Au‑delà de l’élevage, la ferme couvre 273 hectares de SAU avec une répartition culturale détaillée et des choix techniques affirmés.
Un assolement structuré et des choix techniques
Sur les 273 hectares, les associés consacrent :
- 50 ha à des prairies temporaires,
- 50 ha au maïs ensilage,
- 10 ha au sorgho monocoupe,
- 50 ha à la prairie permanente,
- le reste aux céréales.
Face aux défis agronomiques et environnementaux, la famille a amorcé en 2021 une transition vers l’agriculture de conservation des sols, une pratique qui vise notamment à réduire le travail du sol, maintenir la couverture végétale et améliorer la résilience des parcelles.
| Item | Chiffre |
|---|---|
| Nombre de vaches | 110 |
| Surface agricole utile (SAU) | 273 ha |
| Prairies temporaires | 50 ha |
| Maïs ensilage | 50 ha |
| Sorgho monocoupe | 10 ha |
| Prairie permanente | 50 ha |
Parler pour corriger les idées reçues
Aux côtés de ses travaux de terrain, Jean‑David Chevallier a développé une activité de communication, notamment sur LinkedIn, où il partage son quotidien et échange avec d’autres professionnels et le public. Il fait partie de la promotion 2026 des Voix agricoles, un réseau de personnes formées pour témoigner depuis le terrain.
« C’est le manichéisme, du ‘tout est bon’ ou ‘tout est mauvais’ qui m’a poussé à me lancer sur les réseaux sociaux pour parler d’agriculture. »
Pour lui, la multiplication de vidéos chocs et la polarisation des discours ont contribué à des représentations simplistes de l’élevage. Sans nier l’existence de dérives, il estime que ces images ne rendent pas compte de la diversité des pratiques et des améliorations récentes.
Un parcours professionnel orienté sur l’élevage
Avant de reprendre la ferme familiale, Jean‑David a travaillé douze ans comme technicien d’élevage sur l’exploitation d’un lycée agricole. Cette expérience lui a donné des bases techniques et une connaissance de la transmission des savoirs qui nourrissent aujourd’hui sa parole publique.
Éclairer plutôt que polémiquer
Sa démarche se veut explicative et modeste : il prend le temps de détailler les pratiques, leurs limites et leurs améliorations. En témoignant de l’intérieur, il cherche à rétablir un dialogue entre la société civile et le monde agricole, souvent perçu comme « taiseux » par ses propres acteurs. Le parti pris est clair : informer pour réduire les malentendus, sans prétendre couvrir l’ensemble des réalités agricoles françaises.
Ce que cela implique pour le territoire
La prise de parole de producteurs comme Jean‑David interroge aussi la manière dont la ruralité bourguignonne se fait connaître et défend ses pratiques. Elle éclaire les consommateurs sur l’origine des produits AOP, sur les choix d’assolement et sur les innovations techniques adoptées localement. À l’échelle du Châtillonnais et de la Côte‑d’Or, cette forme de communication peut contribuer à renforcer les liens entre filières, consommateurs et autorités locales.
Alors que le débat public sur l’agriculture reste vif, le témoignage de terrain apporte un élément d’information supplémentaire : il montre la complexité du métier, l’enchaînement des décisions techniques et la recherche d’équilibres entre production, durabilité et viabilité économique. Reste à mesurer l’impact réel de ces paroles sur l’opinion et sur les politiques agricoles à venir.