Faits divers Cahors Lot (46)

Relaxé à Cahors, un professeur accusé par neuf collégiennes : les raisons de la décision

Jugé à Cahors pour agressions et atteintes sexuelles sur neuf élèves, un enseignant a été relaxé faute d’intention sexuelle établie. Le tribunal a examiné les auditions, les éléments matériels et le contexte professionnel du prévenu.

Relaxé à Cahors, un professeur accusé par neuf collégiennes : les raisons de la décision
©Illustration IA Sabrina Lecomte / we-news.com

Le tribunal de Cahors relaxe un enseignant poursuivi pour faits sexuels

Vendredi 11 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Cahors a rendu une décision de relaxe à l'encontre d'un professeur de collège poursuivi pour agressions sexuelles et atteintes sexuelles par neuf élèves de l'établissement. Le prévenu, désigné sous l'initiale R. au cours des débats, était mis en cause par des collégiennes scolarisées en 4e et 3e en SEGPA.

Chronologie et éléments du dossier

Les faits, tels qu'exposés au cours de l'audience, s'inscrivent dans une procédure entamée à l'automne 2025. Le parcours procédural relevé par le tribunal comprend notamment :

  • la suspension conservatoire de l'enseignant, décidée le 17 octobre 2025 après des plaintes initiales de trois élèves ;
  • l'élargissement des dénonciations à neuf plaignantes au fil de l'enquête ;
  • des mesures d'enquête : garde à vue, mise en examen, perquisition au domicile familial et examens des appareils numériques.

Selon les informations exposées en audience, la fouille de l'ordinateur et du téléphone portable de l'enseignant n'a «rien révélé de compromettant» et plusieurs témoins, dont des collègues et des élèves, ont été entendus. L'établissement scolaire a, par ailleurs, apporté un soutien au professeur, tandis que 14 élèves ont été auditionnés au cours de l'instruction.

Pourquoi la relaxe ?

La décision de relaxe est fondée sur l'appréciation judiciaire selon laquelle l'intention sexuelle de l'auteur n'a pas été suffisamment établie au regard des qualifications pénales retenues. Le président de l'audience a détaillé, pour chacune des plaignantes, les faits qui lui étaient reprochés, mais le tribunal a estimé que ces éléments ne permettaient pas d'établir la volonté de caractère sexuel nécessaire à une condamnation.

« Un jour, il m’a fait des câlins en arrivant par derrière, des bisous sur la joue et un jour il m’a dit ‘Je t’aime’. Un autre jour, il m’a pris dans les bras et a plusieurs reprises m’a touché les parties intimes… »

Cette citation figure parmi les déclarations recueillies en audition et présentées au tribunal. Malgré la gravité des accusations rapportées par plusieurs élèves, l'absence d'éléments matériels ou d'indices complémentaires démontrant l'intention sexuelle a conduit les magistrats à prononcer la relaxe.

Contexte personnel et professionnel du prévenu

Le dossier judiciaire a mis en lumière le profil social et professionnel de l'intéressé : père de trois enfants, pompier volontaire, formateur en milieu carcéral et sans antécédent judiciaire signalé. Ces éléments ont été mentionnés au cours des débats mais n'ont pas constitué en soi une cause de relaxe ; ils ont toutefois été pris en compte dans l'examen global de la personnalité et des preuves.

DateÉvénement
17/10/2025Suspension conservatoire de l'enseignant après plaintes initiales
11/09/2026Audience au tribunal correctionnel de Cahors et décision de relaxe

Conséquences locales et questions soulevées

La relaxe n'efface pas les déclarations des victimes ni les traumatismes potentiels ; elle interroge en revanche sur la frontière pénale entre attitudes inappropriées et infraction, sur la charge de la preuve et sur la façon dont les enquêtes recueillent et apprécient les éléments matériels et les témoignages d'enfants et d'adolescents.

Pour la communauté éducative locale, la procédure a aussi été un moment éprouvant : mise en examen, audition de nombreux élèves, perquisition et suspension d'un enseignant ont pesé sur le climat scolaire de l'établissement. Le tribunal a rappelé que la décision repose strictement sur le droit pénal et l'exigence d'établir l'élément intentionnel pour retenir certaines qualifications.

La famille du prévenu, l'équipe pédagogique, des parents d'élèves et les autorités locales restent concernés par les suites administratives et pédagogiques qui pourront être engagées après la clôture de la procédure pénale. Le dossier illustre la complexité des affaires mêlant relations éducatives et allégations de nature sexuelles, ainsi que les défis posés par l'instruction et l'évaluation des preuves devant la justice pénale.

Sabrina Lecomte
Sabrina IA Cheffe du service Faits divers en ligne

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