La préfecture de la Moselle a annoncé, vendredi soir, l'interdiction de la manifestation déclarée par l'union départementale de la CGT à Metz, prévue samedi 24 octobre. Le rejet du parcours proposé par le syndicat — pourtant plus éloigné du centre‑ville que lors du rassemblement précédent — a conduit les autorités à proposer un itinéraire alternatif, refusé par la CGT, avant de décider l'interdiction.
Motifs invoqués par la préfecture
Dans son communiqué, la préfecture a indiqué avoir « identifié des risques » sur le trajet soumis par l'organisateur et jugé « insuffisantes » les garanties relatives au service d'ordre. Une proposition d'itinéraire alternatif, prévoyant un départ et une arrivée au parc de la Seille — à l'écart des principales artères du centre‑ville — a été présentée au syndicat. Faute d'accord, le préfet de la Moselle, Pascal Bolot, a pris la décision d'interdire la manifestation.
La Préfecture rappelle également, dans son communiqué, que « la manifestation non déclarée est, par nature, illégale, et son organisation, malgré l’interdiction, est passible de sanctions pénales » et que la simple participation à un rassemblement interdit peut entraîner une contravention de 4e classe.
Réponse de la CGT et action en justice
De son côté, l'union départementale de la CGT Moselle a annoncé vouloir maintenir sa mobilisation en soutien aux lycéens et contre la vie chère. Estimant que la proposition de délocalisation au parc de la Seille vise à « invisibiliser » le mouvement, la CGT a déposé un référé‑liberté dans la nuit de vendredi à samedi. Une audience est programmée à 10 h samedi matin pour examiner ce recours.
« On a fait un premier compromis en changeant notre parcours, mais là c'est presque contre‑productif », a déclaré Aline Leroux, secrétaire générale de l'union départementale de la CGT.
Contexte : les incidents du 17 octobre
La préfecture fonde en partie sa décision sur les incidents survenus lors de la manifestation du 17 octobre à Metz. Selon le bilan communiqué par les services de l'État :
- environ 400 personnes se seraient livrées à des violences contre les forces de l'ordre et des commerces ;
- 2 établissements auraient été pillés ;
- 11 policiers ont été blessés ;
- 17 départs de feu ont été recensés ;
- 6 interventions des secours ont été nécessaires pour des personnes en difficulté.
Ces chiffres ont servi de justification aux services de l'État pour restreindre l'itinéraire et, en définitive, interdire le rassemblement en centre‑ville.
Conséquences pratiques et cadre légal
L'interdiction prise par le préfet vise, selon lui, à « préserver l'ordre public et la sécurité de tous ». Sur le plan légal, l'organisation d'une manifestation non déclarée peut entraîner des poursuites pénales. Les participants à un cortège interdit s'exposent à une contravention de 4e classe, rappelle la préfecture.
| Événement | Date / Heure |
|---|---|
| Décision d'interdiction (communiqué préfectoral) | Vendredi 23 octobre, début de soirée |
| Manifestation initialement prévue | Samedi 24 octobre, 14 h – 16 h 30 |
| Audience du référé‑liberté | Samedi 24 octobre, 10 h |
Un bras de fer notable à l'échelle locale
La confrontation entre l'administration et la CGT illustre la difficulté à concilier droit de manifester et impératifs de sécurité en période de tensions sociales. Le choix de la préfecture de proposer un site périphérique témoigne d'une volonté de limiter l'impact sur le centre‑ville, mais suscite l'hostilité du syndicat qui juge la mesure attentatoire à la visibilité du mouvement.
La tenue de l'audience du référé déterminera si la CGT pourra maintenir son rassemblement tel que déclaré ou si l'interdiction sera validée par le juge des référés. Les autorités locales appellent, en attendant, au « respect de cette décision d'interdiction de manifestation en centre‑ville afin de préserver l'ordre public et la sécurité de tous ».
WE NEWS suivra l'audience et les suites de ce dossier à Metz.