Samedi 19 septembre, le hameau de Lustrac, sur la commune de Trentels (Lot‑et‑Garonne), a accueilli la deuxième édition du Banana Craft Festival, un événement qui place le jeu au cœur d’une réflexion sur le réemploi, l’économie circulaire et la lutte contre la fast fashion.
Relever des défis pour changer les habitudes
Plutôt que d’adopter un discours moralisateur, les organisateurs ont choisi une pédagogie active : concevoir de nouveaux sports à partir d’objets et de matériaux destinés au réemploi, puis inviter le public à y participer. Les ateliers et épreuves visent à rendre tangibles des gestes quotidiens souvent négligés — tri des déchets, compostage, réparation d’objets — tout en favorisant la coopération.
Parmi les activités proposées figuraient notamment Tirotri (axé sur le tri des déchets), Compost Express (autour du compostage) et Dressing Safari, une épreuve conçue pour interroger la place et la rapidité d’usage des vêtements jetables. D’autres jeux portaient sur la réparation et la transformation d’objets en ressources réutilisables.
- Objectif : rendre le réemploi désirable par le jeu et l’action collective.
- Approche : activités physiques et ludiques créées à partir d’objets réemployés.
- Public visé : familles, jeunes et collectivités locales, pour toucher des comportements quotidiens.
Une démarche collective soutenue par des acteurs locaux
Le projet est porté conjointement par plusieurs structures : ValOrizon, La Maison forte, l’Afdas, Renaître et la commune de Trentels. La présence de représentants des partenaires, dont la sous‑préfecture, souligne le caractère partenarial de l’initiative et son ancrage territorial.
| Organisateurs / partenaires | Objectif principal |
|---|---|
| ValOrizon | Sensibilisation locale au tri et au réemploi |
| La Maison forte | Conception d’animations et médiation |
| l’Afdas | Soutien institutionnel et ressources |
| Renaître | Promotion de l’économie circulaire |
| Commune de Trentels | Accueil et logistique locale |
Éduquer sans culpabiliser
Les responsables du festival expliquent avoir voulu « prendre le problème à l’envers » : lasser moins avec des leçons et convaincre davantage par l’envie. En pratique, cela signifie traduire des notions plus abstraites — valeur d’un objet, coût réel de la mode jetable, intérêt du compost — en situations concrètes et accessibles.
Du point de vue pédagogique, le pari consiste à ce que la répétition d’un geste dans un contexte ludique favorise la mémorisation et, à terme, la modification des comportements. La nature coopérative des épreuves cherche aussi à créer des normes sociales positives : réparer ensemble plutôt que jeter, trier collectivement plutôt que laisser au hasard.
Une ambition au‑delà du divertissement
Si l’événement vise d’abord la sensibilisation locale, ses organisateurs n’excluent pas une diffusion plus large : la formule — mêler sport, jeu et réemploi — pourrait séduire d’autres territoires et franchir les frontières régionales, voire s’exporter à l’international.
Pour l’heure, la manifestation affirme son utilité en milieu rural : elle propose une porte d’entrée conviviale à des enjeux environnementaux souvent abordés sous l’angle réglementaire ou technique, et cherche à toucher un public moins présent dans les dispositifs classiques de sensibilisation.
En mettant l’accent sur la coopération et le plaisir, le Banana Craft Festival ambitionne donc plus qu’un simple divertissement : transformer, pierre par pierre, les habitudes de consommation.