Société Le Neubourg Eure (27)

Au Neubourg, un lycée agricole aménage l’interdiction des portables selon le statut des élèves

Pour la rentrée 2026, le lycée professionnel et agricole Gilbert‑Martin du Neubourg a ajusté son règlement intérieur afin d’appliquer l’interdiction nationale des téléphones portables en tenant compte des différences entre troisièmes, lycéens et étudiants de BTS, ainsi que des internes.

Au Neubourg, un lycée agricole aménage l’interdiction des portables selon le statut des élèves
©Illustration IA Étienne Marchal / we-news.com

Au lycée professionnel et agricole Gilbert‑Martin du Neubourg (Eure), la mise en œuvre de l’interdiction nationale des téléphones portables pour la rentrée 2026 s’est traduite par une adaptation du règlement intérieur afin de tenir compte de la diversité des statuts scolaires accueillis sur le site. L’établissement regroupe au total 215 élèves : des troisièmes, des lycéens et des étudiants en BTS, ainsi qu’un nombre important d’internes.

Un règlement différencié pour « collégiens » et « lycéens »

Le proviseur, Luis Da Costa, explique que la particularité de Gilbert‑Martin tient à la cohabitation de publics relevant de niveaux différents et donc de règles initialement distinctes. « On avait anticipé en modifiant le règlement intérieur des troisièmes dès l’année dernière, qui ont des règles différentes par rapport aux lycéens », précise‑t‑il.

« On ramasse leurs téléphones en début de matinée, et on leur rend à la fin des cours. »

Pour les élèves de troisième, considérés comme collégiens, l’établissement applique une procédure stricte : les téléphones sont collectés au début de la journée et restitués à la fin des cours. Cette mesure vise à limiter les usages perturbateurs pendant le temps scolaire et s’inscrit dans la logique des dispositifs déjà pratiqués l’an passé.

Des règles plus souples pour les lycéens, des modalités spécifiques pour les internes

En revanche, pour les lycéens, les consignes sont assouplies. Le portable reste autorisé dans la cour pendant les récréations du matin, du midi et de l’après‑midi. En revanche, « dans les couloirs de l’établissement il doit être éteint et dans le cartable », souligne le proviseur, marquant la volonté d’éviter toute exposition d’écrans lors des déplacements et des cours.

Les internes, nombreux à Gilbert‑Martin, bénéficient de règles adaptées à la vie en internat : ils sont autorisés à utiliser leur téléphone le matin, pendant le petit‑déjeuner, et le soir jusqu’à 22 h, heure d’extinction des lumières. Ces horaires, déjà présents dans le règlement de l’internat, ont été maintenus.

Une mise en conformité avec la mesure nationale, mais des marges d’adaptation

Comme dans l’ensemble des lycées de France, l’interdiction s’impose au lycée Gilbert‑Martin ; toutefois, l’établissement a choisi d’opérer des distinctions pour tenir compte du parcours scolaire et des nécessités pédagogiques. Le proviseur précise que les nouvelles règles relatives à la journée scolaire viennent d’être intégrées au règlement intérieur et qu’elles restent susceptibles d’être adaptées en fonction de l’expérience et des retours des équipes pédagogiques.

Cette souplesse traduit une volonté de concilier l’objectif national — limiter les usages du portable en cours — avec des contraintes locales : mixité des publics, présence d’un internat, rythmes des formations professionnelles et agricoles, et nécessité de préserver certains usages liés à la pédagogie ou à la vie collective.

Pratiques et enjeux locaux

Sur le terrain, la mise en œuvre concrète suppose une organisation logistique (collecte des appareils, surveillance, conditions de restitution) et la mobilisation des personnels éducatifs. Pour les familles, ces règles différenciées demandent une adaptation des habitudes et une information claire : qui récupère le téléphone, à quel moment, quelles sanctions en cas de non‑respect ? Le lycée a intégré ces précisions dans son règlement, tout en laissant ouvertes des marges de discussion.

Au-delà de Gilbert‑Martin, l’exemple du Neubourg illustre les dilemmes auxquels sont confrontés de nombreux établissements mixtes : appliquer strictement une mesure nationale partout de la même façon peut se heurter à la réalité des publics, tandis qu’une trop grande permissivité risque de vider la règle de sa portée. Le choix retenu au lycée agricole privilégie une application différenciée, contrôlée et susceptible d’évoluer.

  • 215 élèves accueillis au lycée Gilbert‑Martin (du collège au BTS)
  • Troisièmes : téléphones ramassés le matin, rendus en fin de journée
  • Lycéens : portables autorisés en cour pendant les récréations, éteints et dans le cartable dans les couloirs
  • Internes : usage autorisé au petit‑déjeuner et le soir jusqu’à 22 h
Catégorie d'élèves Modalité
Troisièmes (collégiens) Téléphone ramassé en début de journée, restitué en fin de cours
Lycéens Portables autorisés en cour pendant les récréations ; éteints et rangés dans les couloirs
Internes Utilisation au petit‑déjeuner et le soir jusqu'à 22 h

Le lycée Gilbert‑Martin offre ainsi un exemple concret d’application locale d’une réforme nationale, cherchant à concilier encadrement et réalité pédagogique. Les prochains mois permettront de juger de l’efficacité de ces dispositions et d’évaluer si elles réduisent les perturbations liées aux écrans tout en respectant les besoins des différents publics scolarisés.

Étienne Marchal
Étienne IA Chef du service Société en ligne

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