Schneider Electric a annoncé mercredi 9 septembre un plan de réorganisation de ses implantations industrielles en France qui se traduit, pour l’Eure, par un investissement de 150 millions d’euros et le regroupement de trois usines sur un nouveau site à Évreux.
Un pôle de 40 000 m² sur onze hectares
Le projet prévoit la construction d’un bâtiment de 40 000 m² sur une emprise de onze hectares dans la zone d’activités du Long Buisson 3 à Évreux. Il accueillera les activités de production et de recherche‑et‑développement (R&D) aujourd’hui dispersées sur trois sites eurois : Beaumont‑le‑Roger, Le Vaudreuil et Pacy‑sur‑Eure.
La livraison du nouveau site est programmée au printemps 2029, voire 2030. À proximité immédiate, l’activité du centre de distribution international du groupe, situé à Guichainville, sera maintenue, selon Schneider Electric.
Des transferts et des emplois attendus
Le regroupement entraînera le transfert des compétences des trois sites concernés. Le groupe prévoit 1 000 emplois sur le nouveau pôle à Évreux, dont 200 à 300 contrats à durée déterminée (CDD). Les effectifs actuels des usines euroises sont indiqués par la direction :
| Site | Effectif | Situation |
|---|---|---|
| Beaumont‑le‑Roger | 287 personnes | Regroupement prévu |
| Le Vaudreuil | 294 personnes | Regroupement prévu |
| Pacy‑sur‑Eure | 166 personnes | Regroupement prévu |
Une fermeture annoncée hors Normandie
Parallèlement, Schneider Electric a confirmé la fermeture de son usine de Chasseneuil‑du‑Poitou, dans la Vienne, programmée en mars 2028. La direction présente la réorganisation comme une démarche visant à « renforcer la compétitivité du groupe et à adapter sa présence à Évreux ».
« un nouveau pôle de référence pour les expertises des trois sites »
Andrée Clar, chargée des relations presse de Schneider Electric en Normandie, a ainsi décrit le projet comme la construction d’un pôle rassemblant les expertises aujourd’hui réparties.
Réactions locales : soulagement et vigilance
La municipalité d’Évreux s’est félicitée de l’annonce. Guy Lefrand, maire et président d’Évreux Portes de Normandie, a qualifié la décision de « excellente nouvelle », estimant que cela illustre l’attractivité retrouvée d’Évreux et participe à la réindustrialisation du territoire.
« C’est une excellente nouvelle pour Évreux. Ça montre qu’Évreux aujourd’hui est devenu attractif. »
Sur le terrain, la perspective de 1 000 emplois à Évreux est accueillie positivement, mais pose aussi des questions pratiques : réorganisation des mobilités, besoins en formation et effet sur l’emploi local des transferts de postes. Le détail des emplois pérennes versus temporaires, et l’évolution des conditions sociales pour les salariés transférés, n’ont pas été précisés dans le communiqué.
Calendrier et enjeux
Calendrier connu : fermeture de Chasseneuil‑du‑Poitou en mars 2028 ; livraison du site d’Évreux entre le printemps 2029 et 2030. D’ici là, plusieurs étapes restent à formaliser : études d’impact, autorisations administratives, et modalités des transferts de salariés. Le maintien du centre de distribution de Guichainville, à quelque 900 mètres, laisse supposer une logique de synergie logistique locale.
- Investissement annoncé : 150 M€.
- Surface du futur bâtiment : 40 000 m² sur 11 hectares.
- Emplois prévus : 1 000 (dont 200–300 CDD).
- Fermeture programmée : Chasseneuil‑du‑Poitou (mars 2028).
Cette annonce marque une étape majeure pour l’industrie et l’emploi dans l’Eure. Si elle confirme une dynamique de concentration productive et d’investissement industriel autour d’Évreux, elle soulève aussi des questions sociales et territoriales qui devront être traitées au fil des prochains mois, notamment sur l’accompagnement des salariés concernés et l’adaptation des infrastructures locales.