Une mesure municipale pour concilier agriculture et prévention des crues
La lutte contre les inondations est montée en puissance dans les priorités de la commune de Waremme. Lors du conseil communal réuni ce lundi, les élus ont acté l'actualisation de la convention qui encadre la pose de dispositifs anti‑inondation sur des terrains agricoles : bandes enherbées, bandes fleuries, haies, fascines, talus… L'objectif affiché est clair : réduire le risque d'inondation sans pénaliser financièrement les exploitants.
L'adaptation de la convention introduit une compensation financière destinée aux agriculteurs actifs sur le territoire communal qui acceptent la création d'un aménagement sur une parcelle leur appartenant. Le dispositif prévoit une indemnité plafonnée à 1 300 € par hectare et par an. Concrètement, si l'aménagement occupe un hectare, la Ville versera au maximum 1 300 € ; s'il couvre 100 m², soit 1 % d'un hectare, la compensation sera plafonnée à 1 % du montant, a expliqué l'échevin chargé du dossier.
| Surface du dispositif | Indemnité maximale |
|---|---|
| 1 hectare | 1 300 € / an |
| 100 m² (1 % d'hectare) | 13 € / an |
Des conditions strictes pour éviter les doublons et les erreurs d'implantation
Le bénéfice de cette prime n'est pas automatique. Plusieurs conditions sont requises :
- être l'exploitant de la parcelle située sur le territoire de Waremme ou disposer d'un droit d'exploitation sur celle‑ci ;
- avoir conclu la convention avec la Ville avant toute réalisation ;
- que l'aménagement soit conforme au modèle convenu et implanté sur une parcelle où l'étude hydraulique a démontré la pertinence de l'installation ;
- ne pas déjà percevoir une prime incompatible (par exemple une aide de la Région wallonne) pour le même aménagement.
« Les inondations sont une des priorités de cette législature », a rappelé l'échevin Julien Humblet.
L'élu a insisté sur la nécessité d'une action ciblée : « on ne peut pas faire n'importe quoi n'importe où ». L'étude hydraulique constitue donc un préalable afin d'assurer l'efficacité des mesures et d'éviter des aménagements placés là où ils n'apporteraient aucun bénéfice en matière de réduction du risque.
Conséquences pour les agriculteurs et pour la collectivité
Pour les exploitants, cette convention représente une compensation financière lorsque des surfaces deviennent partiellement ou totalement inexploitées du fait d'un aménagement visant à retenir ou ralentir le ruissellement. La logique retenue — indemniser au prorata de la surface rendue non cultivable — vise à être proportionnée et lisible.
Pour la collectivité, la mesure s'inscrit dans une approche préventive et de co‑construction avec le monde agricole. En associant les exploitants au dispositif plutôt qu'en les contraignant, la Ville espère favoriser l'acceptation et la mise en œuvre d'aménagements bénéfiques à l'ensemble du bassin versant communal.
La décision du conseil communal renouvelle une convention initiale créée en 2019, lors des premières actions d'aménagement sur le territoire. Les conditions posées — convention préalable, conformité des travaux, absence de double financement — visent à encadrer la dépense publique tout en maximisant l'impact sur la réduction du risque d'inondation.
Reste à savoir maintenant combien d'exploitants concernés signeront la convention et où seront précisément implantés ces aménagements, une étape qui dépendra des résultats des études hydrauliques déjà engagées ou à venir.