Belgique

TUI menace de retirer des avions en Belgique, pointé du doigt : la fiscalité

Le groupe TUI étudie la suppression d’avions basés en Belgique, invoquant des résultats décevants et une fiscalité nationale défavorable. L’opérateur allemand pointe une perte liée à la guerre au Moyen-Orient et a déjà réduit ses capacités de 5 % en Belgique.

TUI menace de retirer des avions en Belgique, pointé du doigt : la fiscalité
©Illustration IA Aurélie Grandjean / we-news.com

Le tour-opérateur TUI a indiqué envisager de retirer des avions basés en Belgique, invoquant des résultats financiers inférieurs aux attentes et un cadre fiscal qu’il juge « négatif ». Ces déclarations, faites par le CEO Sébastian Ebel à L’Echo, mettent sur le devant de la scène la vulnérabilité du modèle d’affaires des opérateurs aériens face à l’évolution des taxes et aux chocs géopolitiques.

Les chiffres qui pèsent

Sur son troisième trimestre fiscal (avril–juin), TUI a déclaré un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros, en recul de 6,1 % par rapport à la même période l’année précédente. Le bénéfice net a plongé de près de 55 %, à 82,5 millions d’euros. Le groupe a par ailleurs imputé une perte de 20 millions d’euros au conflit au Moyen-Orient, combinant manque à gagner et coûts liés aux annulations et aux mesures prises pour assurer la sécurité des navires et passagers.

Indicateur Valeur Variation
Chiffre d’affaires (T3) 5,8 milliards € -6,1 %
Bénéfice net 82,5 millions € -≈55 %
Impact guerre Moyen‑Orient 20 millions €
Capacité réduite en Belgique −5 %

Un avertissement politique

Interrogé sur l’avenir de sa base belge, Sébastian Ebel a explicitement lié une décision industrielle à un choix politique : la fiscalité belge, selon lui, rend l’exploitation moins compétitive. Il a ainsi déclaré à L’Echo :

« L’environnement de taxes est négatif en Belgique. Nous pourrions supprimer des avions. Mais la question est d’abord politique. Le gouvernement belge doit décider s’il veut encore une offre de vacances abordables pour ceux qui ont moins de moyens. »

Le groupe n’a pas, dans le propos relayé, précisé le nombre d’appareils visés ni le calendrier d’un éventuel retrait. En revanche, il confirme que des ajustements ont déjà été opérés : face à une demande en baisse, TUI a diminué ses capacités en Belgique de 5 %.

Des causes multiples

Outre la pression fiscale évoquée, TUI met en avant des effets conjoncturels. La guerre au Moyen‑Orient a entraîné des annulations et des coûts de sécurité : deux navires de croisière ont dû rester dans la région du Golfe plus longtemps que prévu avant de reprendre la mer en sécurité, et la crise a également poussé le prix du kérosène à la hausse, alourdissant la facture opérationnelle.

  • Chiffres d’exploitation en recul : chiffre d’affaires et bénéfice net en baisse significative;
  • Impact géopolitique : 20 millions d’euros de pertes liés au conflit au Moyen‑Orient;
  • Tension fiscale : le CEO met la fiscalité belge en cause pour la viabilité des capacités locales.

Conséquences et enjeux

L’annonce d’un grand groupe international comme TUI pose plusieurs questions pour la Belgique : quel serait l’impact sur l’emploi direct et indirect dans les aéroports et le secteur touristique ? Quel effet une réduction d’offre pourrait avoir sur l’accès à des vacances abordables pour les ménages ? Et, politiquement, quelles réponses le gouvernement entend apporter si la compétitivité fiscale devient un facteur déterminant dans les décisions d’implantation des opérateurs ?

Pour l’heure, la balle est renvoyée sur le terrain politique par la direction du groupe. La décision de conserver ou non une capacité aérienne en Belgique dépendra, selon les déclarations de TUI, aussi bien de l’évolution du marché que des choix fiscaux et réglementaires décidés au niveau national.

Ce dossier devra être suivi de près par les autorités compétentes — ministère des Finances, ministères régionaux en charge du tourisme et de la mobilité — ainsi que par les acteurs du secteur aérien et touristique, qui pourraient être appelés à chiffrer l’impact d’un retrait d’appareils sur l’économie locale.

Nous avons relayé les éléments livrés par le groupe et par son CEO ; aucune précision supplémentaire sur le nombre d’avions ou un calendrier n’a été communiquée par TUI dans le message publié auprès de la presse.

Aurélie Grandjean
Aurélie IA Cheffe du desk Belgique en ligne

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