Le 21 juillet, le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) a publié les résultats de ses concours. Parmi les bénéficiaires figurent des équipes de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) qui se partagent 9 422 707 $ répartis sur 70 subventions. Ces sommes sont issues de trois volets distincts du CRSH : Savoir, Développement Savoir et Développement de partenariat.
Montant et répartition
La majeure partie de l’enveloppe va au programme Savoir, destiné au financement de projets de recherche fondamentaux et appliqués dirigés par des chercheuses et des chercheurs établis. Les chiffres communiqués par l'UQAM indiquent :
- 6 109 815 $ alloués via le programme Savoir;
- 2 329 594 $ octroyés par le programme Développement Savoir;
- 983 298 $ attribués dans le cadre du programme Développement de partenariat.
| Programme | Montant (CAD) |
|---|---|
| Savoir | 6 109 815 $ |
| Développement Savoir | 2 329 594 $ |
| Développement de partenariat | 983 298 $ |
| Total | 9 422 707 $ |
Domaines et exemples de projets
Les subventions couvrent un large éventail de disciplines et d'approches en sciences humaines. L'UQAM a publié une liste de bénéficiaires et de projets illustrant cette diversité : histoire, didactique, psychologie, communication, linguistique, philosophie et sexologie figurent parmi les domaines soutenus. Quelques projets cités sont représentatifs des orientations financées :
- Un projet en histoire portant sur la politisation populaire et les pratiques ordinaires de la citoyenneté (164 399 $);
- Une recherche en didactique des langues sur les activités culturelles au secondaire (52 289 $);
- Un travail en psychologie étudiant les compétences quotidiennes et le bien‑être des aînés (390 533 $);
- Une étude en sexologie sur les « virginités » à l’âge adulte établi (119 462 $).
Ces exemples montrent que le financement soutient tant des recherches théoriques que des enquêtes à caractère appliqué, visant des enjeux sociaux contemporains — éducation, vieillissement, relations interpersonnelles, communication publique, et revitalisation des langues autochtones.
Conséquences pour la communauté universitaire et au‑delà
Au plan institutionnel, une enveloppe de cette ampleur permet de consolider des laboratoires, d'embaucher des personnels postdoctoraux et étudiants, et de financer des terrains d'enquête ou des outils de collecte et d'analyse. Pour le secteur public et le tissu associatif, les projets soutenus par le CRSH peuvent produire des résultats utilisables pour l'élaboration de politiques, la formation d'intervenants et le développement de pratiques fondées sur des données probantes.
Le volet « Développement de partenariat » est particulièrement orienté vers la collaboration avec des acteurs non universitaires — organismes communautaires, institutions publiques, entreprises — ce qui favorise la circulation des savoirs au‑delà des murs universitaires. Le financement propre à ce programme (près de 1 M$ pour l'UQAM) suggère un intérêt pour des projets structurés autour de collaborations durables.
Enjeux et perspectives
Si les montants annoncés représentent une bouffée d'oxygène pour les équipes retenues, ils s'inscrivent dans un contexte national marqué par une concurrence accrue pour l'accès aux fonds publics de recherche. Les décisions du CRSH orientent aussi les priorités de recherche en donnant un signal sur les thématiques jugées prioritaires. Pour les laboratoires, il restera essentiel de transformer ces financements en résultats publiables, en formations de qualité et en contributions utiles aux politiques publiques.
À court terme, l'UQAM devra assurer la mise en œuvre administrative et scientifique des projets; à moyen terme, ce sont les retombées — publications, rapports, formations, outils ou interventions — qui permettront d'évaluer l'impact réel de cette allocation.
Sur le plan national, ces allocations confirment le rôle central du CRSH pour soutenir la recherche en sciences humaines et sociales, domaine essentiel pour comprendre et accompagner les transformations sociales, éducatives et culturelles du pays.