Onze jeunes chouettes effraies sont prises en charge à Nouméa par le refuge Ga'hoole, a indiqué la fondatrice et responsable des soins, Cindy Badin. Depuis quelques semaines, le centre constate une augmentation sensible des admissions, essentiellement de jeunes oiseaux sortis du nid et victimes d'accidents ou d'empoisonnements.
Des entrées en hausse pour des oiseaux fragilisés
Parmi les pensionnaires actuels figure une jeune chouette, baptisée Primevère, arrivée le 16 juillet avec une plaie importante à l'aile droite après avoir été coincée dans des barbelés. Après plus d'un mois de convalescence, elle poursuit sa guérison au refuge et doit encore gagner en autonomie avant une remise en liberté progressive.
Le refuge, créé en 2022, a déjà pris en charge environ quarante chouettes effraies depuis sa création. Les motifs d'admission recensés sont variés : collisions avec des véhicules, enchevêtrement dans des clôtures et, de façon préoccupante, intoxications liées à l'utilisation de raticides.
« En ce moment, c'est l'hécatombe, des jeunes sortis du nid qui apprennent à chasser, [sont victimes de] collisions, avec des barbelés ou des voitures. »
Réhabilitation et suivi
Les nouveaux arrivants sont immédiatement pris en charge. Les procédures incluent l'identification par baguage : Primevère portera le numéro 8 sur la patte droite, information utile pour le recensement et le suivi des individus lorsque ceux-ci seront relâchés.
La phase suivante pour les animaux convalescents est la rééducation dans une volière où ils pourront retrouver progressivement leurs capacités de chasse et leurs réflexes au contact d'autres chouettes, certains pensionnaires y restant plusieurs années en raison de séquelles, d'orphelinat ou d'empoisonnements sévères.
Un impact majeur des raticides sur la faune
Le refuge alerte sur la dangerosité des raticides de type SGAR, qui contiennent des anticoagulants et peuvent entraîner des intoxications chez les prédateurs se nourrissant de rongeurs. La chouette effraie se nourrit principalement de rats et de souris : une famille de ces rapaces peut consommer entre 5 000 et 6 000 rongeurs au cours d'une période donnée, un argument souvent avancé pour limiter l'usage systématique de poisons.
Le message des sauveteurs est double : réduire l'utilisation de raticides particulièrement toxiques pour la faune sauvage et promouvoir des alternatives moins dangereuses afin d'éviter des empoisonnements secondaires qui fragilisent les populations de prédateurs naturels.
- Nombre d'oiseaux pris en charge actuellement : 11 chouettes effraies
- Pensionnaires pris en charge depuis 2022 : ~40
- Exemple concret : Primevère, arrivée le 16 juillet, bague n°8
- Risque identifié : intoxications par SGAR et collisions (barbelés, véhicules)
Conséquences et perspectives
Au‑delà des soins individuels, les observations du refuge confirment l'impact des activités humaines sur la faune nocturne et la nécessité d'une meilleure prise en compte des solutions de gestion des rongeurs. Réduire les raticides très toxiques et aménager les infrastructures (clôtures, chemins) pour limiter les points dangereux sont des pistes évoquées par les responsables du centre.
Le suivi des chouettes baguées permettra aussi, à terme, d'obtenir des données sur l'état des populations en Nouvelle‑Calédonie, information jugée aujourd'hui insuffisante par les soignants du refuge.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Chouettes actuellement soignées | 11 |
| Prises en charge depuis 2022 | ≈ 40 |
| Consommation estimée par famille | 5 000–6 000 rongeurs |
Les responsables du refuge insistent sur l'importance d'adopter des gestes préventifs pour protéger ces rapaces avant qu'ils ne nécessitent une prise en charge urgente, et plaident pour des alternatives aux produits anticoagulants qui affectent la chaîne alimentaire.