Lors d’une séance publique tenue mardi soir à l’hôtel de ville de Montréal, les autorités municipales et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont fait le point sur les allégations de comportements racistes au sein du poste de quartier 39, à Montréal‑Nord, révélées au printemps. La rencontre, organisée par la Commission de la sécurité publique, a attiré une centaine de citoyens et plusieurs dirigeants du SPVM, dont son directeur général Fady Dagher.
Des enquêtes multiples et des mesures immédiates
Les 16 policiers visés par des dénonciations internes en mars dernier font toujours l’objet de trois enquêtes distinctes : criminelle, déontologique et disciplinaire. Le SPVM a précisé que ces agents ont tous été désarmés dans l’attente des suites, tandis que trois d’entre eux demeurent suspendus. Les autres ont été réaffectés à des tâches hors du quartier.
« Ces mesures constituent un geste fort qui ne s’est jamais vu auparavant », a affirmé Fady Dagher.
Le directeur général a indiqué que le service reviendrait à l’automne avec « de nouvelles mesures coconstruites avec des partenaires », tout en précisant qu’il ne pouvait pour l’instant détailler les investigations en cours.
La quête d’un changement de culture long et collectif
Face aux citoyens souvent émus et à des témoignages évoquant des expériences traumatisantes avec la police, M. Dagher a réaffirmé son ambition de transformer la culture interne du SPVM. Il a rappelé que ce type de mutation institutionnelle prend du temps et ne peut être le fait d’une seule personne.
« Un changement de culture, ça prend entre 7 à 10 ans », a‑t‑il souligné, estimant que la démarche doit être collective et s’appuyer sur des partenaires variés. Le message a été reçu dans une salle où plusieurs intervenants ont dénoncé le manque de progrès sur ces enjeux depuis des décennies.
Réactions et attentes de la population
La période de questions qui a suivi la présentation a été majoritairement adressée au chef du SPVM. Parmi les citoyens présents, résidents et militants de Montréal‑Nord ont raconté des récits dénonçant des pratiques policières inchangées au fil des ans. Plusieurs ont rappelé que, pour eux, les problèmes persistants remontent à trente ans.
La tenue publique de cette mise à jour visait à restaurer une confiance érodée et à montrer une volonté de transparence, mais elle a aussi mis en lumière l’impatience de la population face à l’attente de résultats concrets et rapides.
État des procédures — résumé
| Élément | Statut |
|---|---|
| Nombre d’agents visés | 16 |
| Types d’enquêtes | Criminelle, déontologique, disciplinaire |
| Armes retirées | Tous désarmés |
| Mises à pied | 3 suspendus |
| Réaffectations | Autres agents hors du quartier |
La Ville et le SPVM ont promis de poursuivre les travaux avec des partenaires communautaires et institutionnels. Les attentes sont élevées : au‑delà des enquêtes individuelles, la population réclame des transformations structurelles et durables des pratiques policières.
- Les 16 policiers font face à trois enquêtes (criminelle, déontologique, disciplinaire).
- Tous ont été désarmés ; trois sont suspendus ; les autres ont été réaffectés.
- Le SPVM annonce un plan de mesures à l’automne et insiste sur un changement de culture sur plusieurs années.
La suite dépendra des résultats des enquêtes et des mesures qui seront coconstruites dans les prochains mois. Pour de nombreux habitants de Montréal‑Nord, ces annonces constituent une première étape ; elles devront toutefois se traduire par des changements tangibles pour être acceptées comme crédibles.