Marine Le Pen a axé sa rentrée politique, dimanche 13 septembre à Hénin‑Beaumont (Pas‑de‑Calais), sur la question du logement. La candidate du Rassemblement national a fait de la « priorité aux Français » l’un des pans centraux de son projet présidentiel, promettant notamment de réserver l’accès aux logements sociaux et aux logements étudiants aux personnes de nationalité française.
Un droit prioritaire pour les Français
Selon la présidente du RN, il s’agit d’un chantier majeur en cas d’arrivée au pouvoir. Elle a avancé des chiffres pour étayer sa proposition : « 70 % des Français seraient aujourd’hui éligibles au parc social » alors que seuls « 11 % en bénéficieraient », observation qu’elle met au cœur de son argumentaire pour instituer une priorité dans l’accès.
« Nous devons donner la priorité d’accès au logement social aux Français et leur réserver le bénéfice des APL », a déclaré la candidate.
Dans le même esprit, Marine Le Pen a estimé que la priorité d’accès aux logements étudiants devait être « instaurée pour les jeunes Français ». Ces propositions visent à modifier les règles d’accès aux dispositifs d’aide et aux logements encadrés, ainsi que les critères d’attribution qui sont aujourd’hui, pour partie, fondés sur des conditions de ressources et de résidence.
Remise en cause de la loi SRU et du DPE
La candidate a aussi attaqué des instruments législatifs et techniques du secteur. Elle a déclaré que la loi SRU — qui impose un seuil minimal de logements sociaux (20 % ou 25 % selon les communes) — n’a « pas manifestement fait ses preuves » et serait « purement et simplement abrogée » en cas d’arrivée du RN à l’Élysée.
Autre cible : le Diagnostic de performance énergétique (DPE), que Marine Le Pen a vilipendé en soulignant que « des centaines de milliers de logements » seraient concernés par de nouvelles restrictions de location liées à ce classement. Elle a cité notamment l’interdiction locative pour les logements classés G, souvent qualifiés de « passoires thermiques ».
Conséquences et enjeux
Ces propositions — réserver l’accès au parc social et aux aides aux seuls Français, abroger la SRU, revoir l’application du DPE — ouvrent plusieurs chantiers juridiques et sociaux s’ils étaient mis en œuvre. Elles touchent à la fois aux droits fondamentaux, aux règles de solidarité territoriale et aux obligations européennes en matière de non‑discrimination et de logement.
Sur le plan pratique, un tel changement impliquerait une refonte des critères d’attribution des logements sociaux et des aides au logement (APL), des adaptations administratives importantes au niveau communal et départemental, et probablement des recours devant les juridictions administratives et européennes. Les mécanismes actuels de répartition et de mixité sociale — dont la SRU est un des instruments — seraient remis en cause.
- Mesures annoncées : priorité aux Français pour logements sociaux et étudiants ; abrogation de la SRU ; remise en cause du DPE.
- Chiffres cités : 70 % d’éligibles au parc social, 11 % qui en bénéficient.
- Local : discours prononcé à Hénin‑Beaumont (Pas‑de‑Calais).
| Élément | Valeur citée |
|---|---|
| Éligibilité estimée au parc social | 70 % |
| Bénéficiaires actuels | 11 % |
| Seuils SRU évoqués | 20 % ou 25 % |
Au-delà du message politique, ces annonces s’inscrivent dans la tradition des campagnes de Marine Le Pen, qui avait déjà fait de la préférence nationale et des questions d’immigration et d’accès aux droits un terrain prioritaire. Reste à savoir comment ces propositions seraient traduites en textes applicables, et lesquelles résisteraient aux contrôles constitutionnels et aux obligations internationales de la France.
Pour l’heure, la candidate a clairement placé le logement au centre de son programme de rentrée, en le présentant comme un marqueur de rupture avec les politiques menées précédemment, et en promettant des réformes susceptibles d’ouvrir de vastes débats juridiques et sociétaux si elles étaient mises en œuvre.