Du 14 au 16 août 2026, la petite commune de Saint‑Amand‑sur‑Ornain devient le théâtre d’un rendez‑vous culturel hybride : la cinquième édition des Bure’lesques associe concerts, spectacles, projections et tables rondes consacrées au nucléaire et au projet d’enfouissement des déchets radioactifs, Cigéo. Festival bisannuel tourné vers la mobilisation citoyenne, il avait rassemblé près de 3 000 personnes lors de sa précédente édition en 2024.
Culture et controverse : un mélange assumé
Organisé sur trois jours, l’événement mise sur une programmation éclectique où la musique alternative côtoie les prises de parole techniques et politiques. Les organisateurs entendent offrir, simultanément, un espace de fête et un lieu d’information et de réflexion sur des sujets sensibles : procédures d’enquête publique, coût de l’électricité nucléaire, impacts des grands chantiers et expériences d’enfouissement menées à l’étranger.
Le programme s’articule autour de débats thématiques et de propositions artistiques variées. Parmi les rencontres annoncées figurent des conférences intitulées La Hague : ravale ton futur et Cigéo : on fait le point !, ainsi que des échanges sur les projets scandinaves d’enfouissement. Une table ronde clôturera la journée de samedi pour questionner les relations entre science et nucléaire.
Une programmation artistique tournée vers la scène alternative
Côté musique, le festival met en avant des formations de la scène alternative et des chanteurs‑auteurs. Sont notamment programmés : Marie Paulette, Josy Basar, Sunny Side Up, M. Le Directeur, Alma Z, The Lockpics et We Are Plomb. Le public pourra aussi découvrir plusieurs spectacles théâtraux et performances, dont La Fabrique de l’oubli, Champ contre champ, Niagara 3000 et Beethoven Métalo.
- Des concerts couvrant le rock, le rap, l’électro, la chanson et les musiques traditionnelles ;
- Des projections et documentaires liés aux enjeux nucléaires et environnementaux ;
- Un village associatif et des activités familiales, ainsi que des sorties naturalistes.
Un temps fort est prévu samedi soir à 21 h 15 : la performance visuelle et sonore La lutte qui dure – Ici ou ailleurs, c’est toujours non ! se tiendra au Wagon, offrant une forme artistique de mobilisation.
Des débats qui dépassent le local
Les questions abordées visent à dépasser le simple antagonisme local et à interroger des dispositifs administratifs et techniques à l’œuvre au niveau national. Le festival propose ainsi des sessions sur le rôle des enquêtes publiques dans la démocratie, sur la comparaison des modèles d’enfouissement en Suède et en Finlande, et sur le coût réel de l’électricité nucléaire.
| Jour | Temps forts |
|---|---|
| Vendredi 14 | Ouverture : débat sur les enquêtes publiques et premières soirées musicales |
| Samedi 15 | Conférences sur Cigéo, comparaisons internationales, performance au Wagon (21 h 15) |
| Dimanche 16 | Tables rondes sur le coût du nucléaire et retours sur luttes environnementales victorieuses |
À travers cette alchimie d’art et d’arguments, Les Bure’lesques visent à informer, mobiliser et créer du lien entre acteurs culturels, militants et citoyens curieux. Le format, qui mêle festivité et engagement, illustre une tendance déjà observée dans d’autres lieux de la société civile : la culture comme catalyseur de débats publics sur des enjeux techniques et politiques.
Si l’ambition du festival est nationale par ses thématiques et ses invitations à la réflexion, il reste ancré dans un territoire marqué par la proximité du dossier Cigéo et par les mobilisations associatives qui l’accompagnent. En mêlant créations artistiques et confrontations d’expertises, Les Bure’lesques entendent prolonger la contestation par des formes culturelles susceptibles d’atteindre un public large et diversifié.
Pour les personnes intéressées, la billetterie et le détail du programme sont généralement mis en ligne par les organisateurs en amont du festival.