Boumerdès — Le représentant permanent du Front Polisario et de l'État sahraoui auprès de l'Organisation des Nations unies, Sidi Mohamed Omar, a estimé samedi que le « occupant marocain » ne manifeste aucune volonté politique pour aboutir à une solution définitive du conflit du Sahara occidental conforme au droit international. Ces propos ont été tenus lors de la 14e édition de l'université d'été des cadres du Polisario, organisée à l'université M'hamed Bouguara de Boumerdès.
Des accusations formulées devant la base militante
Selon le diplomate sahraoui, Rabat poursuivrait une « politique coloniale » visant à enraciner une occupation qu'il qualifie d'illégale dans certaines portions du territoire sahraoui, en dépit, affirme-t-il, des principes de la légalité internationale qui reconnaissent le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Pour Sidi Mohamed Omar, la partie marocaine refuserait « absolument » toutes les solutions qui confirmeraient les droits du peuple sahraoui.
« L'occupant marocain continue d'imposer sa politique coloniale pour ancrer son occupation illégale de certaines parties du territoire du Sahara occidental, au mépris de la légalité internationale qui reconnaît le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. »
Il a par ailleurs présenté la position sahraouie comme recherchée vers « une paix juste et durable », conditionnée, selon lui, par l'organisation d'un référendum d'autodétermination conduisant, le cas échéant, à l'indépendance de la République arabe sahraouie démocratique. Le diplomate a ajouté que l'État sahraoui serait disposé à négocier des relations stratégiques et mutuellement bénéfiques avec le Maroc, mais uniquement « après le référendum d'autodétermination et l'indépendance ».
Le peuple sahraoui au centre de la stratégie
Sidi Mohamed Omar a souligné que l'élément « essentiel et constant » de la problématique restait le peuple sahraoui, qui, selon lui, demeure « déterminé à poursuivre la résistance et la lutte ». Ces déclarations sont intervenues au cœur d'un rassemblement de cadres, où la mobilisation politique et la consolidation des positions du Polisario sont des thèmes récurrents.
En marge de l'événement, le représentant sahraoui a également rappelé que la question du Sahara occidental demeure inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations unies et de ses organes connexes, soulignant le caractère toujours présent de ce dossier sur la scène internationale.
Ce que dit le discours — et ce qu'il implique
- Position du Polisario : refus d'une solution qui ne reconnaîtrait pas l'autodétermination; volonté d'un référendum suivi d'une indépendance.
- Accusation contre le Maroc : maintien d'une politique coloniale visant à ancrer une occupation qualifiée d'illégale par le représentant sahraoui.
- Voie proposée : négociation de relations bilatérales « stratégiques et mutuellement bénéfiques » après la tenue d'un référendum d'autodétermination et la proclamation éventuelle de l'indépendance.
Le langage employé reflète une stratégie politique orientée vers la mise en avant du principe d'autodétermination et du calendrier qu'envisage le Polisario. En affirmant une éventuelle ouverture aux négociations post-référendum, Sidi Mohamed Omar tente de poser les jalons d'un scénario dans lequel la régularisation politique passerait par un processus d'indépendance préalable à toute normalisation des rapports bilatéraux.
Contexte international et enjeux
Le dossier du Sahara occidental reste l'un des dossiers les plus persistants à l'agenda des instances internationales. La référence explicite à la présence du sujet à l'ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations unies rappelle que, malgré l'absence d'une résolution définitive, la question mobilise encore des discussions diplomatiques et juridiques au niveau multilatéral.
Pour les observateurs, la rhétorique sahraouie présentée à Boumerdès vise à maintenir la pression politique et diplomatique sur les acteurs internationaux et régionaux. Elle vise aussi à affirmer la légitimité politique du Polisario comme interlocuteur central de la cause sahraouie, tout en posant une condition ferme à toute normalisation avec le Maroc : la tenue du référendum d'autodétermination et l'indépendance préalable.
Au-delà des déclarations, l'évolution de la situation dépendra des initiatives diplomatiques, des positions des États membres de l'ONU et de la dynamique régionale. Le discours de Boumerdès marque toutefois une étape dans la communication du Polisario, qui réaffirme sa stratégie et la place du peuple sahraoui au cœur de la résolution du conflit.