À quelques jours de la vingtième édition de La Nuit des Contes, le fondateur de l’association Mémoires d’Afrique a lancé un appel national pour faire converger artistes, éducateurs et citoyens autour d’une fête dédiée au conte traditionnel le soir du 14 août. Ce rendez‑vous, né en 1998, se présente aujourd’hui comme un des mécanismes de valorisation du patrimoine immatériel au Bénin.
Un projet laïc au service de la culture et du dialogue
Présentée comme une initiative profondément laïque, Mémoires d’Afrique affirme œuvrer pour la promotion de la culture africaine et le dialogue interculturel. L’association, créée il y a vingt‑sept ans, a porté et diffusé l’idée d’une soirée collective de récits qui, progressivement, est devenue une marque reconnue à l’échelle nationale. Au fil des éditions, l’événement a inspiré d’autres manifestations adoptant le principe de rassemblement autour de la parole et du conte.
Le fondateur rappelle que l’idée n’a pas été accueillie immédiatement avec enthousiasme par son entourage : l’initiative a d’abord suscité scepticisme avant de rallier collaborateurs et partenaires. Aujourd’hui, le mouvement vise à être reproductible à travers le territoire, comme l’a déjà fait la « fête de la musique » pour la pratique musicale.
Appel à la mobilisation et enjeux patrimoniaux
À l’approche de la XXe édition, l’association adresse un message simple et ambitieux : organiser partout, pour « tous les enfants du pays », une Nuit des Contes le soir du 14 août afin que cette pratique devienne un moment partagé et reconnu de la vie culturelle. L’appel met l’accent sur la dimension collective du patrimoine immatériel et sur la responsabilité citoyenne de le transmettre.
« Ensemble, par la culture, construisons notre pays. »
Le propos insiste également sur la permanence d’un engagement personnel : l’animateur de l’initiative évoque une vocation culturelle qui remonte à son adolescence et qui l’a conduit, en 1998, à fonder Mémoires d’Afrique avec des amis. Depuis, l’association affiche une volonté de valoriser les traditions orales comme un élément central de l’identité nationale.
Perspectives : diffusion, coproduction et reconnaissance
Si La Nuit des Contes s’est imposée comme un rendez‑vous attendu, l’association signale aussi que d’autres structures s’en inspirent et reprennent le modèle sous des formes diverses. La diffusion et la reproductibilité du concept constituent des leviers pour amplifier la visibilité du patrimoine immatériel, pour atteindre un public jeune et pour stimuler des pratiques éducatives autour du récit.
- Origine de l’association : création en 1998;
- Durée de l’engagement : 27 ans d’activité culturelle;
- Événement : 20e édition de La Nuit des Contes, proposition de célébrer le soir du 14 août.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Année de création | 1998 |
| Nombre d’années d’action | 27 |
| Édition en cours | 20e |
Sur le plan des contenus, l’association dit également assumer des positions critiques et ouvrir des débats sur la place des cultures africaines vis‑à‑vis de religions dites « importées », citant notamment le catholicisme. Sans renier son orientation laïque, Mémoires d’Afrique semble vouloir garder un espace de réflexion sur les interactions entre héritages culturels et pratiques religieuses.
En appelant à une mise en réseau nationale de Nuits des Contes, Mémoires d’Afrique formule l’espoir de transformer une marque culturelle locale en un acte de citoyenneté collective : une manière de conjuguer transmission, éducation et affirmation identitaire par la culture.
Pour les acteurs culturels et éducatifs — bibliothécaires, conteurs, établissements scolaires, associations de quartier — la proposition est claire : participer à la création d’un rituel annuel qui puisse assurer la perpétuation et la modernisation d’un patrimoine immatériel souvent transmis de manière informelle.