Un activiste guinéen porté disparu. Bella Bah, figure locale du militantisme, a été interpellé samedi soir dans l’enceinte du groupe scolaire Les dragons, dans le quartier Taouyah à Conakry, et depuis sa famille et son avocat déclarent n’avoir aucune nouvelle de son sort. L’affaire suscite une vive inquiétude au sein de la société civile et ravive les interrogations sur les pratiques des forces de l’ordre en Guinée.
Les faits rapportés
D’après les éléments rendus publics et diffusés sur les réseaux sociaux, l’événement prend racine dans une vidéo récemment diffusée montrant le grand imam de Conakry, El hadj Mamadou Saliou Camara, déclarant, en soussou, que « rien de grave ne se passe actuellement en Guinée ». Cette intervention a provoqué une réaction de Bella Bah sur sa page Facebook, pointant la responsabilité morale du religieux dans le contexte sociopolitique du pays.
«C'est un malhonnête corrompu, manipulateur. Il est la caution morale de l'injustice que les Guinéens subissent»
Quelques heures après ce message, selon un témoin oculaire présent sur place, des hommes présentés comme des gendarmes sont intervenus dans l'enceinte de l'école fondée par l'activiste. Un encadreur de l'établissement raconte qu'un homme en civil s'est d'abord présenté au bureau pour demander des documents liés à l'année scolaire 2027, puis est revenu accompagné de personnes identifiées comme policiers ou gendarmes. Le témoin précise que l'interpellation s'est déroulée vers 18 heures, sans usage apparent de violence et sans résistance de la part de Bella Bah, qui priait au moment des faits.
Réactions et recherches
La disparition a été annoncée samedi soir par l'épouse de l'activiste, Ami Bah. Depuis, elle et l'avocat de la famille, maître Salifou Béavogui, mènent des démarches pour localiser Bella Bah. À l'heure des derniers comptes rendus, ni la famille ni l'avocat n'ont obtenu d'informations sur le lieu de détention ni sur des charges éventuelles.
- Lieu de l'interpellation : groupe scolaire Les dragons, quartier Taouyah (Conakry).
- Date : samedi dernier (08.08), intervention rapportée vers 18 h.
- Acteurs : Bella Bah (activiste et refondateur de l'école), des hommes présentés comme gendarmes, épouse Ami Bah, maître Salifou Béavogui (avocat).
Les autorités militaires au pouvoir en Guinée ont, par ailleurs, maintenu une posture de dénégation concernant les signalements de disparitions depuis leur arrivée au pouvoir, selon les éléments disponibles. Cette position accroît l'inquiétude des proches et des observateurs, qui redoutent une opacité persistante dans le traitement des affaires impliquant des voix critiques.
Contexte et enjeux
La disparition de Bella Bah intervient dans un contexte sociopolitique tendu en Guinée, marqué par des critiques de la société civile et des mouvements d'opinion autour de la liberté d'expression. L'interpellation à l'école qu'il a fondée, présentée par les proches comme un lieu de travail et d'engagement social, pose des questions sur la protection des acteurs civiques et sur la marge de manœuvre laissée aux détracteurs des autorités ou des personnalités influentes.
Sans confirmation officielle sur le statut de l'enquête ou des charges éventuelles, la famille et l’avocat poursuivent leurs démarches pour obtenir des informations. La diffusion initiale de l'affaire via les réseaux sociaux et la réaction rapide des proches illustrent, par ailleurs, le rôle croissant des plateformes numériques dans la médiatisation des cas de disparition et dans la pression exercée pour obtenir des éclaircissements.
| Élément | Information |
|---|---|
| Personne concernée | Bella Bah, activiste et refondateur du groupe scolaire Les dragons |
| Date | Samedi (08.08), intervention rapportée vers 18 h |
| Lieu | École Les dragons, quartier Taouyah, Conakry |
| Acteurs engagés | Hommes présentés comme gendarmes, épouse Ami Bah, avocat Salifou Béavogui |
La suite de l'affaire dépendra des informations que pourront obtenir la famille, l'avocat et, le cas échéant, des organisations nationales ou internationales de défense des droits humains. À défaut de communication officielle des autorités, l'incertitude persiste et alimente les préoccupations quant à la sécurité des voix critiques en Guinée.