Une observation directe de l’éclipse solaire du 12 août sans filtre approprié peut provoquer des atteintes graves et permanentes aux yeux, alertent des spécialistes. Même partielle, l’éclipse ne dispense pas du port de protections certifiées pour éviter des brûlures rétiniennes indolores et parfois différées.
Des protections normalisées indispensables
Les organisations astronomiques françaises, citées par l’AFP, rappellent que seules des lunettes portant la norme ISO 12312-2:2015 et le marquage CE assurent une protection suffisante contre les ultraviolets et la lumière visible intense du Soleil. Ces lunettes doivent comporter au verso des instructions en français et indiquer clairement la date de fabrication, le lot, l’origine, le fabricant et le distributeur.
Alain Cirou, directeur général de l’Association française d’astronomie (AFA), insiste :
« Ce n’est pas l’éclipse qui est dangereuse, c’est le fait de regarder directement le Soleil sans protection. On peut se faire un trou noir dans la rétine sans s’en rendre compte et c’est irréversible. »
Pourquoi le danger est trompeur
La rétine ne comporte pas de capteurs de douleur. Une personne peut donc fixer le Soleil et ne ressentir aucune sensation immédiate, alors que l’énergie lumineuse détruit progressivement des photorécepteurs. Les troubles visuels — tâches centrales, baisse d’acuité, distorsions — peuvent apparaître plusieurs heures, voire des jours après l’exposition.
- Ne pas utiliser des lunettes endommagées, rayées ou des modèles non certifiés (filtres solaires improvisés, verres fumés, lunettes de soleil classiques).
- Éviter l’observation directe avec des instruments (jumelles, télescopes, appareils photo) sans filtre solaire adapté fixé devant l’objectif.
- Préférer des dispositifs d’observation indirecte (projection, appareils certifiés) si les lunettes conformes ne sont pas disponibles.
Quelques repères fournis par les sources françaises
L’article relayant les recommandations signale des valeurs d’obscuration pour des points du territoire français : à Dunkerque, autour du maximum l’ensoleillement devrait rester d’environ 10 % (vers 18 h 15), tandis qu’à Saint-Jean-de-Luz l’obscuration atteindrait approximativement 99,6 % un peu avant 18 h 30. Ces chiffres montrent que l’intensité et la durée du phénomène varient selon la localisation et que la protection reste nécessaire même si l’éclipse est partielle.
| Risque | Mesure recommandée |
|---|---|
| Brûlure rétinienne indolore | Porter des lunettes ISO 12312-2:2015 certifiées CE |
| Observation avec jumelles/appareils | Utiliser un filtre solaire dédié sur l’instrument |
| Absence de lunettes | Observer en projection ou via dispositifs certifiés |
La Société astronomique de France (SAF) avait appelé à la vigilance dès la fin juin et rappelle l’importance d’acheter des protections fiables auprès de distributeurs reconnus. Les paires distribuées lors d’éclipses antérieures (par exemple en 1999) peuvent avoir vieilli ou ne plus garantir la sécurité : elles ne doivent pas être réutilisées sans vérification explicite de conformité.
En Belgique, comme ailleurs en Europe, les autorités sanitaires et les associations d’astronomie recommandent d’appliquer ces mêmes précautions. En cas de douleur oculaire, de baisse d’acuité ou d’apparition de « taches » ou déformations du champ visuel après avoir regardé l’éclipse, il est conseillé de consulter sans délai un médecin ou un ophtalmologue.
Message central : pour profiter de l’événement astronomique sans mettre sa vue en danger, il faut impérativement se munir de protections certifiées et suivre les consignes des professionnels de l’astronomie et des autorités sanitaires.