L’épidémie d’Ebola liée au virus Bundibugyo, déclarée en République démocratique du Congo (RDC) le 15 mai, a désormais causé au moins 2.011 décès parmi les cas confirmés, selon les dernières statistiques des autorités sanitaires congolaises relayées par les Nations unies. Le bilan souligne une accélération inquiétante de la maladie dans plusieurs provinces du pays.
Une accélération inédite
Les chiffres publiés dans la nuit de lundi à mardi indiquent 4.381 cas confirmés depuis le début de l’épidémie, dont 2.011 décès. Selon les données précédentes, datées du 8 août, on comptait 4.294 cas confirmés et 1.960 décès. Le taux de létalité est élevé, à 45,6 %. Au moment du dernier point, 722 patients étaient hospitalisés ou en isolement, et 849 personnes avaient été déclarées guéries.
« Aujourd’hui, l’épidémie d’Ebola a dépassé les 2.000 décès, dont la moitié au cours des 20 derniers jours. 2.000 enfants, mères, pères. Autant de tragédies individuelles »,
a réagi Julien Harneis, Coordinateur principal de l’ONU pour Ebola, sur le réseau social X, rappelant l’ampleur humaine de la crise.
Zones touchées et dynamique de transmission
La riposte concerne cinq provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo. L’Ituri demeure l’épicentre de la transmission, avec une activité persistante également au Nord-Kivu et dans le Haut-Uélé. En revanche, le Sud-Kivu n’a pas signalé de nouveau cas confirmé depuis 73 jours, selon les informations communiquées.
Au total, 53 zones de santé sur 140 et 246 aires de santé sont concernées par la présence du virus, selon le ministère congolais.
Rythme de propagation et implications pour la riposte
Les autorités et les partenaires internationaux soulignent la vitesse de propagation : il avait fallu environ neuf semaines pour atteindre les 1.000 décès, tandis qu’il n’a fallu qu’environ trois semaines supplémentaires pour enregistrer mille décès de plus. Ce changement de rythme est interprété comme un signe que la crise échappe en partie au contrôle des équipes d’intervention sur le terrain.
- Cas confirmés : 4.381
- Décès recensés : 2.011
- Taux de létalité : 45,6 %
- Patients hospitalisés/isolés : 722
- Personnes guéries : 849
| Provinces concernées | Statut de transmission |
|---|---|
| Ituri | Épicentre, transmission active |
| Nord-Kivu | Transmission active |
| Haut-Uélé | Transmission active |
| Sud-Kivu | Aucun nouveau cas confirmé depuis 73 jours |
| Tshopo | Zone touchée |
Appel à intensifier la réponse
Face à cette escalade, l’ONU et les acteurs humanitaires appellent à renforcer la riposte aux côtés des communautés locales, des gouvernements et des donateurs. Les autorités sanitaires congolaises poursuivent les opérations de surveillance, de prise en charge des patients et de prévention dans les zones touchées.
La situation reste fragile : la vitesse d’augmentation du nombre de décès met en lumière des difficultés opérationnelles et logistiques pour contenir la circulation du virus et protéger les populations, en particulier dans des régions où l’accès est rendu complexe par la géographie et parfois l’insécurité.
Les autorités et partenaires sanitaires n’ont pas publié de date de fin de l’épidémie et poursuivent les efforts pour isoler les foyers de transmission et augmenter la capacité de prise en charge.