Une personne meurt toutes les trente minutes dans l’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo (RDC), a alerté vendredi le chef des affaires humanitaires de l’Organisation des Nations unies, à l’issue d’une réunion d’urgence avec les agences onusiennes.
Un rythme de mortalité inédit
Trois mois après la déclaration de la 17e épidémie le 15 mai, la flambée progresse à une vitesse jugée sans précédent. Selon les bilans transmis par les autorités congolaises et relayés par l’ONU, plus de 2 128 décès ont été recensés pour 4 566 cas confirmés. Ces chiffres placent cette épidémie parmi les plus meurtrières observées récemment dans le pays, et inquiètent les responsables humanitaires par l’accélération des contaminations et des décès.
Un appel solennel des Nations unies
Tom Fletcher, chef des affaires humanitaires de l’ONU, a insisté sur la nécessité d’une montée en puissance rapide des moyens et de la solidarité internationale. Il a qualifié la situation de « signal d’alarme » et demandé des ressources supplémentaires pour empêcher le virus de « prendre encore davantage d’avance » sur la riposte sanitaire.
« Le monde doit se réveiller et se mobiliser. »
Pour répondre à l’urgence, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a alloué 30,5 millions de dollars (environ 26,4 millions d’euros) issus du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies (Cerf). Cette enveloppe s’ajoute aux 24 millions de dollars déjà consacrés à la RDC et à quatre pays voisins, selon le communiqué publié après la réunion d’urgence.
Pourquoi la riposte peine à contenir l’épidémie
La RDC reste l’un des pays les plus fragiles du point de vue sanitaire, avec des structures de soins insuffisantes pour faire face à une telle crise. Trois mois après le début de la flambée, la riposte peine à rattraper la vitesse de propagation du virus. Les difficultés logistiques, le sous‑financement et les contraintes opérationnelles sur le terrain expliquent en grande partie la lenteur de la réaction par rapport à l’ampleur de l’épidémie.
Le déploiement de personnel supplémentaire a été annoncé, mais il reste limité face à l’ampleur des besoins. Tom Fletcher a précisé avoir envoyé vingt membres de personnel supplémentaires « en première ligne », tout en reconnaissant que cela ne suffisait pas et qu’il fallait « rapidité, moyens à grande échelle et solidarité ».
- Durée depuis la déclaration : 3 mois (depuis le 15 mai).
- Cas confirmés : 4 566.
- Décès : plus de 2 128.
- Financement d’urgence supplémentaire : 30,5 millions de dollars par le Cerf.
| Données clés | Chiffres |
|---|---|
| Cas confirmés | 4 566 |
| Décès | 2 128+ |
| Allocation Cerf supplémentaire | 30,5 M$ (≈ 26,4 M€) |
Un précédent lourd de référence
La RDC connaît déjà une expérience dramatique des épidémies d’Ebola : la flambée la plus meurtrière dans le pays, entre 2018 et 2020, avait causé près de 2 300 morts parmi environ 3 500 malades. Les autorités et les agences internationales craignent que la vitesse actuelle de propagation conduise à un bilan comparable, voire supérieur, si les moyens restent insuffisants.
À l’heure où la communauté internationale est interpellée, les organisations onusiennes et les partenaires humanitaires demandent un renfort tant financier qu’opérationnel pour intensifier la surveillance, améliorer l’accès aux soins et accélérer la vaccination et les mesures de contrôle sur le terrain.
Nous suivrons l’évolution de la situation et les réponses internationales, alors que chaque jour compte pour freiner la progression du virus et protéger les populations affectées.