Abelardo de la Espriella a officiellement pris ses fonctions en Colombie lors d’une investiture marquée par une promesse claire : revenir à l’ordre par la force si nécessaire. Le nouveau président, surnommé « le Tigre », a annoncé vendredi des mesures destinées à frapper les groupes criminels et à changer la trajectoire économique du pays.
Un message clair depuis Cali
La cérémonie s’est tenue à Cali, ville du sud-ouest du pays, et s’est déroulée sous très haute sécurité, avec plus de 11 000 policiers et militaires mobilisés. Devant des chefs d’État de la région — notamment d’Argentine, du Chili et de l’Équateur — et une délégation américaine spécialisée dans la lutte contre le narcotrafic, De la Espriella a affiché sa ligne : fin du dialogue, reprise en mains par la force.
« Le temps de la restauration de l’ordre et de l’autorité est venu. »
Les mots, rapportés par la presse colombienne, soulignent une rupture nette avec la politique menée ces dernières années. La revue Semana a résumé la tonalité de l’intervention : « De La Espriella a déclaré la guerre aux groupes criminels », et la presse conservatrice a salué le lancement d’une nouvelle période politique, qualifiée d’« ère du Tigre ».
Des choix économiques et énergétiques à l’unisson
Au-delà de l’aspect sécuritaire, l’inauguration a été l’occasion d’annoncer des décisions économiques fortes. Le nouveau président a notamment prévu de lancer la fracturation hydraulique et d’engager une réforme fiscale favorable aux gros patrimoines. Ces options marquent, selon le quotidien El Tiempo, une « rupture radicale » par rapport à la voie suivie au cours des quatre dernières années sous la présidence précédente.
Contexte d’un conflit profondément enraciné
La Colombie demeure marquée par des décennies de violence. Le pays a traversé plus de soixante ans de confrontation impliquant guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite, forces armées et réseaux liés au narcotrafic. Malgré l’accord signé avec les FARC en 2016, l’environnement sécuritaire reste fragile : les groupes armés résiduels se sont renforcés au fil des ans et comptent aujourd’hui plus de 27 000 hommes, selon les décomptes évoqués par la presse.
- Investiture tenue à Cali, fortement sécurisée (plus de 11 000 agents mobilisés).
- Annonce d’une offensive contre les groupes criminels et fin affichée du dialogue national.
- Mesures économiques et énergétiques : fracturation hydraulique et réforme fiscale favorable aux fortunes élevées.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Forces de sécurité déployées pour l’investiture | 11 000 |
| Effectif estimé des groupes armés restants | 27 000 |
Les annonces de De la Espriella interviennent au moment où la Colombie était engagée dans des négociations visant une « paix totale » lancée par le président sortant Gustavo Petro. Les observateurs notent que la nouvelle ligne politique marque un net éloignement de la stratégie précédente — davantage axée sur le dialogue et les renégociations — et privilégie désormais la confrontation militaire et des choix de politique intérieure favorables aux secteurs économiques puissants.
Sur la scène internationale, la présence d’une délégation américaine spécialisée dans la lutte contre le narcotrafic indique que Washington suit de près ce virage sécuritaire, au vu des enjeux régionaux et transnationaux liés au trafic de stupéfiants. L’accueil de ces mesures par d’autres capitales latino‑américaines, notamment par des gouvernements de droite représentés à l’investiture, témoigne d’une proximité idéologique marquée entre dirigeants récemment élus dans la région.
Reste à observer la mise en œuvre opérationnelle de ces orientations : la capacité des forces armées et de police à réduire la menace sans produire de nouvelles violences, l’impact social des choix fiscaux et énergétiques, et la réaction des groupes armés — dont l’existence et le renforcement continuent d’alimenter l’instabilité interne.
Dans un pays où l’histoire récente montre combien la frontière entre sécurité et droits civils peut être ténue, la présidence De la Espriella ouvre une période d’importants changements, tant sur le plan intérieur qu’en matière de relations internationales.