À sept mois du premier tour de l’élection présidentielle française, une assemblée citoyenne indépendante baptisée « Un commun accord » réunira à Paris 150 Français tirés au sort. Le dispositif, porté par l’ingénieur et enseignant spécialisé Jean‑Marc Jancovici, se réunira un week‑end par mois de septembre à février pour tenter de dégager des solutions sur des questions du quotidien, notamment le climat, l’emploi et l’économie.
Une initiative citoyenne, non partisane
Les organisateurs présentent l’expérience comme apartisan et distincte des campagnes électorales : l’objectif n’est pas de remplacer les candidats mais de leur fournir des pistes et des propositions susceptibles d’enrichir le débat public. Un site internet doit permettre aux Français de suivre les débats à distance et de participer.
Jean‑Marc Jancovici affirme qu’une telle assemblée n’a jamais été organisée « avant une élection suprême » et justifie le calendrier par l’urgence des choix à prendre face aux défis climatiques et énergétiques. Selon lui, l’exercice vise à « tenter de nous mettre collectivement d’accord face à des situations n’ayant pas forcément de solutions simples », afin d’aboutir à des recommandations mieux réfléchies et plus consensuelles.
« Notre idée est de tenter de nous mettre collectivement d’accord face à des situations n’ayant pas forcément de solutions simples. Nous n’allons pas faire à la place des candidats - dans une démocratie, nous avons toujours besoin d’eux - mais les aider à mieux faire leur travail. »
Organisation et calendrier
Le calendrier annoncé est simple et précis :
- 150 participants tirés au sort parmi la population française ;
- Rencontres à Paris, un week‑end par mois de septembre à février ;
- Un site internet pour assurer la transparence et la participation à distance.
| Période | Fréquence | Lieu |
|---|---|---|
| Septembre – Février | Un week‑end par mois | Paris |
Quels enjeux pour l’économie et les ménages ?
Sur les thèmes évoqués — climat, emploi, économie — l’assemblée pourrait formuler des propositions touchant directement le portefeuille des ménages et la situation des indépendants. Sans préjuger du contenu des propositions, trois axes d’impact sont à surveiller :
- Mesures liées à la transition énergétique : elles peuvent entraîner des changements de dépenses (isolation, modes de chauffage), mais aussi des opportunités de création d’emplois dans la rénovation et les énergies renouvelables ;
- Réformes de l’emploi : propositions pour adapter la formation, soutenir la reconversion ou encourager l’emploi local pourraient modifier l’offre de services aux ménages et les débouchés pour travailleurs indépendants ;
- Politiques économiques et fiscales : des recommandations visant à réorienter les soutiens ou les incitations fiscales seraient directement sensibles aux budgets familiaux et aux charges des petites entreprises.
Pour le monde de l’entreprise et les indépendants, l’intérêt réside dans la possibilité d’un dialogue nouveau entre citoyens et décideurs, susceptible d’aboutir à des propositions pragmatiques visant à améliorer la compétitivité locale, la formation professionnelle et l’adaptation aux contraintes climatiques.
Une influence incertaine sur la campagne
Si les organisateurs espèrent que leurs propositions intéresseront les candidats à l’Élysée, l’influence réelle de l’assemblée dépendra de la réception médiatique, de la qualité et de la faisabilité des recommandations, ainsi que de la capacité des candidats à reprendre ces idées dans leurs programmes. L’expérience mise sur la « démocratie noble » et la recherche de consensus, mais la traduction de ces travaux en décisions politiques reste à démontrer.
Quel que soit le résultat, l’initiative témoigne d’une volonté croissante d’associer davantage les citoyens au façonnage des politiques publiques, en particulier sur des dossiers où les arbitrages exigent des compromis complexes entre contraintes économiques, sociales et environnementales.
La tenue de cette assemblée, sa méthode et ses conclusions seront à suivre de près, notamment par les acteurs économiques et sociaux qui pourraient voir dans ces propositions des opportunités — ou des défis — pour les mois et années à venir.