Le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) a confirmé jeudi que l'économie suisse a enregistré une reprise marquée au 2e trimestre, avec une hausse du produit intérieur brut de 1,5 % par rapport aux trois mois précédents. Ce chiffre, corrigé des événements sportifs, traduit un net accélération après une progression de 0,5 % au premier trimestre.
Une impulsion industrielle concentrée
Les économistes de la Confédération attribuent l'essentiel de cette performance à l'industrie, et en particulier au secteur chimico‑pharmaceutique, qui a vu sa création de valeur croître de 10,5 % sur la période. L'industrie manufacturière au sens large a également contribué, avec une progression de 4,5 %, tandis que les services ont continué d'évoluer plus modérément (+0,7 %).
« Il s'agit d'une croissance impressionnante »,
a relevé Thomas Gitzel, économiste de VP Bank, cité par les agences. Le SECO note aussi que les services financiers et les transports ont apporté des contributions positives, chacun à hauteur de +1,9 %.
Exportations et investissements relancés
Le rebond s'est accompagné d'un net regain des échanges extérieurs : les exportations ont augmenté de 9,7 % au 2e trimestre, après un recul de 1,2 % entre janvier et mars. Les investissements en biens d'équipement ont repris, progressant de 0,8 % après une baisse de 1,2 % au trimestre précédent.
| Période / Poste | Variation |
|---|---|
| PIB (T2 vs T1) | +1,5 % |
| PIB (T1) | +0,5 % |
| Chimie‑pharmacie | +10,5 % |
| Industrie manufacturière | +4,5 % |
| Services | +0,7 % |
| Exportations | +9,7 % |
| Biens d'équipement | +0,8 % |
Contexte international et perspectives prudentes
Cette accélération intervient malgré un environnement international jugé peu favorable : hausse des prix de l'énergie, incertitudes géopolitiques — notamment le conflit au Moyen‑Orient — et tensions commerciales liées aux droits de douane américains. Les analystes soulignent que la performance suisse dépasse nettement celle de la zone euro, où la croissance a ralenti à +0,4 % au 2e trimestre.
Du fait de sa spécialisation, la Suisse reste toutefois vulnérable aux chocs sur les chaînes d'approvisionnement et aux fluctuations des matières premières. Le dynamisme de la chimie‑pharmacie, remarquable sur la période, s'explique en partie par des facteurs spécifiques au secteur — cycles de production, lancement de produits ou variations temporaires de la demande — qui peuvent amplifier les rythmes de croissance d'un trimestre à l'autre.
Quelles conséquences pour les entreprises et les ménages belges ?
- Pour les entreprises exportatrices belges : un redémarrage des achats suisses peut ouvrir des opportunités, notamment pour les fournisseurs d'équipements et de services liés à l'industrie pharmaceutique et manufacturière.
- Pour les investisseurs : la divergence de dynamique entre la Suisse et la zone euro peut influencer les flux de capitaux et la valorisation des actifs suisses, sans pour autant présager de changements immédiats sur la politique monétaire des banques centrales voisines.
- Pour les ménages : l'impact direct reste limité en Belgique, mais une économie suisse robuste contribue à soutenir la demande européenne de produits industriels et pharmaceutiques, ce qui peut soutenir l'emploi dans certains segments d'activité.
Le SECO n'a pas modifié ses chiffres publiés mi‑août, se contentant de confirmer les estimations initiales. Les prochains trimestres permettront de savoir si ce rebond se transforme en tendance durable ou s'il s'agit d'un rattrapage conjoncturel lié à des facteurs sectoriels ponctuels.
En attendant, la Suisse affiche une performance trimestrielle qui surprend les observateurs et rappelle la capacité de certains secteurs industriels à porter la croissance, même dans un contexte extérieur incertain.