La flambée des rendements obligataires à long terme reflète la vigueur de l'économie américaine plutôt qu'une montée des pressions inflationnistes, a affirmé mercredi John Williams, président de la Banque de la Réserve fédérale de New York, lors d'une interview sur CNBC. Ses propos interviennent à un mois de la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) prévue les 15 et 16 septembre.
Williams privilégie l'explication de la demande
Interrogé sur l'augmentation des coûts d'emprunt observée ces dernières semaines, M. Williams a souligné que ce mouvement était davantage la conséquence d'une économie américaine jugée « solide » que la résultante d'inquiétudes inflationnistes. Il a notamment mis en avant des investissements massifs dans des secteurs comme l'intelligence artificielle, les centres de données et la technologie, qui, selon lui, soutiennent des perspectives économiques robustes et poussent les rendements à la hausse.
« ce qui la motive... c'est réellement la vigueur de l'économie américaine et des perspectives économiques solides portées par des investissements massifs dans l'IA, les centres de données et la technologie en général ; je vois donc cela davantage comme un reflet de la force de l'économie »
Le responsable de la Réserve fédérale de New York a relativisé l'idée que la hausse des taux longs provienne principalement de craintes inflationnistes. Il a rappelé la responsabilité de la Fed : ramener l'inflation vers l'objectif de 2 % si nécessaire, sans pour autant se laisser guider exclusivement par les variations des conditions financières.
Quel lien entre rendements et politique monétaire ?
Williams a insisté sur le fait que des coûts d'emprunt plus élevés ne dictent pas de façon automatique la conduite de la politique monétaire. Autrement dit, la Fed continuera de fonder ses décisions sur un large éventail de données macroéconomiques et de perspectives inflationnistes, même si la trajectoire des rendements influence l'environnement économique.
Il a aussi formulé une inversion de causalité : « il ne s'agit pas vraiment de conditions financières affectant l'économie, mais plutôt de l'économie affectant les conditions financières. »
Conséquences pratiques pour les ménages et les entreprises
Pour les emprunteurs, indépendants et ménages européens, la signification de ces déclarations est double :
- Risque de hausse des coûts d'emprunt : si la vigueur économique américaine se traduit par une augmentation durable des rendements, les taux des crédits (immobilier, entreprises) pourraient rester élevés ou remonter, via la transmission des marchés obligataires mondiaux.
- Rendements de l'épargne : une hausse des taux longs peut, à terme, offrir de meilleurs rendements sur certains produits d'épargne et obligations, mais cela dépendra de la politique des banques et des conditions locales.
Les répercussions exactes en Belgique dépendront notamment de la réaction de la Banque centrale européenne et des banques commerciales, ainsi que de l'évolution du marché des taux en zone euro.
Contexte du marché et réactions des autorités
Les mouvements récents des marchés de taux ont inquiété des investisseurs au point d'inciter le Département du Trésor américain à intervenir pour tenter de limiter la hausse des rendements. Williams a reconnu ces secousses, mais a invité à lire ces évolutions à l'aune de la dynamique économique sous-jacente.
| Élément | Chiffre / date mentionnés |
|---|---|
| Fourchette cible du taux des fonds fédéraux | 3,5 % – 3,75 % |
| Réunion du FOMC | 15–16 septembre |
Les marchés anticipent largement une nouvelle hausse de la fourchette cible des fonds fédéraux lors de la réunion de septembre. Mais, comme l'a rappelé Williams, la Fed reste concentrée sur son objectif de stabilité des prix et continuera d'examiner toutes les données disponibles avant de décider.
Pour les acteurs économiques belges, la vigilance est de mise : la transformation des signaux américains en réalités locales se fera via les marchés financiers internationaux, les décisions de la BCE et l'attitude des prêteurs domestiques. Les ménages et indépendants devront suivre l'évolution des taux et, le cas échéant, réévaluer le coût de leurs projets d'investissement ou de financement.