Donald Trump a signé lundi un décret comprenant de nouvelles recommandations en matière de vaccination pédiatrique, appelant notamment à espacer les vaccins administrés aux enfants et à proposer, dans certains cas, des formulations séparées plutôt qu’une injection combinée.
Un texte qui relance le débat sur les vaccins et l'autisme
Lors de la présentation du texte depuis le Bureau ovale, le président a fait à plusieurs reprises un lien entre la vaccination et l’autisme, en soulignant que « nous ne savons pas » ce qui cause ce trouble neuro‑développemental. Il a également affirmé qu’autrefois « les enfants ne recevaient qu’une petite fraction des vaccins demandés aujourd’hui » et que, selon lui, « le taux élevé d’autisme que nous voyons aujourd’hui n’existait pas ». Ces propos ont été tenus en présence de son ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr.
« Il y a des décennies, les enfants ne recevaient qu’une petite fraction des vaccins demandés aujourd’hui. À l’époque, les gens étaient en bien meilleure santé et, bien sûr, le taux élevé d’autisme que nous voyons aujourd’hui n’existait pas. »
La recherche médicale et les autorités sanitaires internationales n’ont toutefois jamais établi de lien causal entre la vaccination et l’autisme. Les organisations scientifiques insistent régulièrement sur l’absence de preuve en faveur d’un tel lien et sur les bénéfices nets des programmes de vaccination dans la prévention des maladies graves.
Contenu concret du décret
Le texte présidentiel contient plusieurs orientations concrètes : il recommande d’espacer l’administration des vaccins chez l’enfant et préconise en particulier de dissocier les antigènes de la rougeole, de la rubéole et des oreillons (le vaccin dit ROR) afin de proposer ces valences sous forme d’injections individuelles lorsque cela sera possible.
Le ministère de la Santé fédéral mettra en place un groupe de travail chargé de travailler, en collaboration avec le secteur privé et éventuellement avec d’autres pays, sur la disponibilité de ces vaccins séparés.
- Recommandation d’espacer les vaccins pédiatriques.
- Étude et proposition de versions séparées du vaccin rougeole‑rubéole‑oreillons (ROR).
- Mise en place d’un groupe de travail associant public et privé pour étudier la faisabilité.
Réactions des pédiatres américains
Les organisations médicales accueillent ces annonces avec prudence. Lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, Andrew Racine, président de l’Académie américaine de pédiatrie (AAP), a estimé que le développement et l’homologation de vaccins séparés pour la rougeole, la rubéole et les oreillons prendraient « plus d’une décennie ». L’AAP a également rappelé l’importance de s’appuyer sur les données de sécurité et d’efficacité établies avant de modifier les pratiques de vaccination.
« Nous recommandons de continuer à administrer aux enfants un vaccin dont la sécurité est étayée par des… »
La phrase rapportée par l’AAP souligne la nécessité d’une démarche scientifique et réglementaire rigoureuse avant toute modification des schémas vaccinaux.
Conséquences et enjeux
La décision présidentielle relance plusieurs enjeux :
- La confiance du public envers les programmes de vaccination, déjà mise à l’épreuve par la pandémie de COVID‑19 et la circulation de théories antivaccinales.
- La faisabilité technique et réglementaire : développer, tester et homologuer des vaccins séparés représente un défi industriel, financier et temporel, notamment en matière d’essais cliniques et d’évaluation par les agences sanitaires.
- Les implications pour la santé publique : retarder ou modifier les calendriers vaccinaux peut exposer temporairement des populations infantiles à des épidémies évitables si la protection collective diminue.
En l’état, le décret engage l’exécutif américain à prendre des mesures d’étude et d’accompagnement, mais il ne change pas immédiatement les recommandations de vaccination en vigueur, qui continuent d’être guidées par les autorités sanitaires et la littérature scientifique.
Pour la Belgique, comme pour d’autres pays européens, ces annonces appellent à rester attentif aux positions des autorités sanitaires nationales et internationales et à communiquer clairement sur les preuves disponibles afin de préserver la confiance dans les programmes de vaccination.