Un homme de 53 ans originaire de Kontich (province d'Anvers) est de retour en Belgique après avoir passé les vingt dernières années en détention en Égypte, où il avait été condamné à la réclusion à perpétuité pour trafic de stupéfiants. Le rapatriement intervient après une grâce présidentielle accordée en mars, a confirmé le SPF Affaires étrangères.
Une libération obtenue par grâce, pas par transfert de peine
Interpellé à l'aéroport du Caire en 2006 avec des boulettes de cocaïne dissimulées dans l'estomac, il avait été reconnu coupable et condamné à la perpétuité. Les tentatives précédentes pour obtenir une réduction de peine ou un transfert vers la Belgique avaient échoué, malgré les démarches répétées de ses proches et les interventions consulaires.
Enfin, fin 2025, une nouvelle demande de grâce a été introduite. Le SPF Affaires étrangères précise qu'une réponse positive a été notifiée le 20 mars. Concrètement, cette grâce signifie que l'intéressé n'est pas tenu de purger le reste de sa peine en Belgique.
| Évènement | Date |
|---|---|
| Interpellation au Caire | 2006 |
| Vingt années de détention en Égypte | 2006–2026 |
| Nouvelle demande de grâce introduite | Fin 2025 |
| Réponse positive à la demande de grâce | 20 mars 2026 |
| Rapatriement en Belgique | Août 2026 (actuel) |
Un long combat familial et des démarches consulaires
Les services consulaires belges ont assuré un suivi durant les dernières étapes du dossier. L'homme est resté incarcéré « quelques mois » dans un commissariat, où les autorités consulaires ont pu le visiter et l'aider à rassembler les documents nécessaires à son retour, indique le média flamand ayant relayé son témoignage.
Sa famille — notamment ses parents, dont le père se prénomme Frans, et son épouse Brigitte — s'était engagée dans de multiples démarches et voyages en Égypte pour tenter d'obtenir sa libération au fil des ans. Selon le récit publié, il a dû patienter quatre mois entre la décision de grâce et son rapatriement effectif, période qu'il qualifie comme particulièrement éprouvante.
« Ces quatre mois ont peut‑être été encore plus difficiles que les vingt années de prison. Ce que j’ai vu et vécu là‑bas est difficile à oublier »
Les services consulaires ont confirmé s'être chargés des formalités administratives et du contact avec les autorités égyptiennes pour organiser le retour. Le SPF Affaires étrangères rappelle que la grâce présidentielle a pour effet d'éviter un transfert de la peine vers la Belgique, précisant ainsi la nature juridique de la mesure.
Conséquences et questions ouvertes
Le dossier illustre plusieurs réalités du rapatriement de citoyens belges détenus à l'étranger :
- La complexité diplomatique : obtenir une grâce ou un transfert implique des démarches longues, avec des interlocuteurs nationaux et internationaux.
- Le rôle des consulats : suivi, visite en détention, assistance administrative pour le retour.
- Les conséquences juridiques : une grâce étrangère peut empêcher l'exécution de la peine sur le territoire belge, selon les modalités convenues avec l'État ayant prononcé la mesure.
Sur le plan humain, ce rapatriement clôt une période de deux décennies pour la famille, mais soulève aussi des questions sur le soutien médical et psychologique à prévoir pour une personne ayant passé tant d'années en détention à l'étranger, notamment après des mois d'enfermement dans des conditions difficiles à la fin de son incarcération.
Le cas restera suivi par les autorités consulaires et les services belges compétents, qui devront désormais coordonner l'accompagnement du rapatrié et répondre aux besoins administratifs et sociaux immédiats dès son retour sur le sol national.