Une femme de 40 ans, de nationalité marocaine et domiciliée en Haute‑Saône, a été placée dimanche 9 août en centre de rétention administrative à Metz en vue d'une expulsion vers le Maroc, a-t-on appris auprès de son conseil et de sources administratives. La décision intervient alors que la mère de famille élève six enfants, âgés de 21 mois à 17 ans, qui sont restés en Haute‑Saône avec leur père.
Chronologie des faits
Selon l'avocat de la famille, Maître Florent Diaz, la mère s'est présentée au commissariat pour accomplir son pointage — une obligation liée à sa situation administrative — mais a appris sur place qu'elle serait conduite en rétention.
« on lui a expliqué qu’elle allait être placée en rétention à Metz »et elle a été emmenée « sans pouvoir dire au revoir à ses enfants », a-t-il déclaré.
La préfecture de Haute‑Saône confirme qu'en l'absence de départ volontaire dans le délai imparti, la personne a d'abord été assignée à résidence puis placée en rétention administrative le dimanche 9 août, « en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement ». Un juge des libertés et de la détention (JLD) doit statuer dans les 96 heures sur la légalité du placement.
Situation familiale et administrative
La mère, arrivée en France en août 2021 avec son mari, fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis le refus préfectoral d'octobre 2025 d'accorder un titre de séjour. Les six enfants, dont deux sont nés en France, sont restés avec leur père, chauffeur de poids lourds employé par Stellantis à Vesoul, qui détient un titre de séjour en qualité de salarié.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nombre d'enfants | 6 (âgés de 21 mois à 17 ans) |
| Enfants nés en France | 2 |
| Lieu de résidence | Haute‑Saône (Vesoul) |
| Statut du père | Salarié, titulaire d'une carte de séjour |
Procédures judiciaires et recours
Le tribunal administratif de Besançon a rejeté en février 2026 la demande d'annulation de l'OQTF formée par la mère. D'après son avocat, le tribunal a estimé que la cellule familiale pouvait se reconstituer au Maroc et que la requérante, qui élève six enfants, n'était pas intégrée au marché du travail.
Me Diaz conteste ce raisonnement, soulignant l'ancrage familial et scolaire des enfants en France. Il a indiqué que la mère a fait un malaise lundi lors du trajet vers l'aéroport et n'a finalement pas embarqué ; elle a été ramenée au centre de rétention. L'avocat estime que la situation de la mère est « plutôt favorable » au regard du JLD, et espère que le placement en rétention sera examiné avant toute expulsion.
Conséquences pour la famille et réactions locales
La décision d'éloignement et son exécution soulèvent des questions pratiques et humaines pour la fratrie scolarisée en Haute‑Saône. Selon l'avocat, les enfants ont de bons résultats scolaires et ne posent aucune difficulté « en termes d'ordre public ». Le père, salarié et présent sur le territoire, assure actuellement la prise en charge des enfants.
- Le recours contentieux devant le tribunal administratif a été rejeté en février 2026.
- La mise en rétention a eu lieu le 9 août, précédée d'une assignation à résidence.
- Un juge des libertés et de la détention doit statuer sous 96 heures sur la régularité du placement.
Cette affaire intervient dans un contexte sensible : la conjugaison des règles d'immigration, de la protection de l'enfance et de la continuité scolaire mobilise associations, services sociaux et autorités administratives sur le département. À ce stade, la préfecture a agi sur la base des procédures en vigueur et la suite dépendra des décisions du JLD et des éventuels recours de la défense.
Nous avons contacté la préfecture pour obtenir des précisions complémentaires sur le calendrier d'éloignement et sur les mesures prises pour la prise en charge des enfants restés à Vesoul, sans réponse au moment de la publication.