Rassemblement devant la préfecture
Samedi 15 août, un peu plus d'une centaine de personnes se sont retrouvées devant la préfecture de Vesoul (Haute-Saône) pour manifester leur soutien à Nisrine Driouich, une mère d'origine marocaine de quarante ans et mère de six enfants, visée par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). La photo du rassemblement, signée Myriam Bendjilali, montre les participants réunis sur le parvis de l'administration départementale.
Le récit de la concernée
Présente lors du rassemblement, très émue, Mme Driouich a répété son souhait simple et ferme : « Je n’ai rien fait. Je veux juste vivre avec mes enfants ! » Elle a ensuite retracé son parcours auprès des personnes venues la soutenir, évoquant ses démarches et son attachement à la France :
« J’ai tout fait correctement. J’ai pris des cours de français. J’ai réussi à obtenir le niveau A2. J’ai deux enfants qui sont nés en France. Mon mari travaille. Je suis bénévole dans plusieurs associations. J’ai fait tout ce que je pouvais, j’ai toujours tout respecté ».
Elle a également exprimé l'angoisse née de son expérience en rétention et la douleur de la perspective d'une séparation : « Pour eux, nous ne sommes rien du tout... Mes enfants, eux, devront rester là. Je ne peux pas l’accepter. Je préfère mourir plutôt que d’accepter cette situation ».
Chronologie connue des faits
Le récit disponible précise plusieurs moments clés de la procédure administrative et judiciaire impliquant Mme Driouich :
- Dimanche 9 août : elle se rend au commissariat de police de Vesoul dans le cadre de son assignation à résidence liée à son OQTF ; elle est ensuite conduite au centre de rétention.
- Semaine suivante : elle est placée puis libérée du centre de rétention de Metz (Moselle).
- La veille d'un vol qui devait la conduire au Maroc, un malaise l’empêche d’embarquer.
- 15 août : rassemblement de soutien devant la préfecture de Vesoul.
| Date | Événement |
|---|---|
| 9 août | Conduite au centre de rétention après visite au commissariat de Vesoul |
| Semaine suivante | Placement puis libération du centre de rétention de Metz |
| 15 août | Rassemblement de soutien devant la préfecture de Vesoul |
Conséquences familiales et question sociale
La mobilisation met en lumière la situation concrète d'une famille: six enfants, deux nés en France, un mari qui travaille, et l'activité bénévole de la mère au sein d'associations locales. Les soutiens dénoncent la séparation familiale qu'entraînerait l'exécution de l'OQTF et appellent à poursuivre les actions pour empêcher un départ forcé.
Sur le plan local, ce cas soulève des interrogations sur l'accompagnement administratif des familles concernées par des mesures d'éloignement et sur la prise en compte des liens tissés avec le territoire (emploi, scolarité, engagement associatif). Les personnes présentes samedi ont demandé une reprise du dossier et une réponse prenant en compte la réalité familiale et sociale.
Appel à la mobilisation
À l'issue du rassemblement, les soutiens de Mme Driouich ont appelé à maintenir la mobilisation. Les organisateurs souhaitent que d'autres initiatives permettent de porter le dossier auprès des autorités compétentes et d'informer la population de Vesoul sur la situation de la famille.
Le dossier demeure flou sur certains points procéduraux : la raison précise ayant motivé l'OQTF n'a pas été détaillée lors du rassemblement. Les éléments publics indiquent cependant que la procédure a conduit à une assignation, à une mise en centre de rétention puis à une libération avant une tentative d'éloignement finalement empêchée pour cause de malaise.
La famille et ses soutiens espèrent désormais une issue qui permette à Mme Driouich de rester auprès de ses enfants et de poursuivre sa vie à Vesoul, tandis que la mobilisation locale se prépare à suivre l'évolution de son dossier.