La France accueille ce lundi à la Fondation Maeght, à Saint‑Paul‑de‑Vence, un sommet international consacré à l'avenir du cinéma, rassemblant quelque 200 personnalités venues de 55 pays. Organisé conjointement par l'Élysée et le Centre national du cinéma (CNC), l'événement vise à traduire en initiatives concrètes une inquiétude partagée par producteurs, exploitants, diffuseurs et plateformes face aux mutations profondes de la filière.
Un constat partagé : fréquentation en forte baisse et nouvelles menaces
Les participants aborderont d'emblée des données qui questionnent : la fréquentation des salles a chuté, de l'ordre de 40 % en cinq ans, selon les chiffres mis en avant pour cadrer les débats. Cette érosion, malgré quelques succès commerciaux récents, est imputée à une combinaison de facteurs — démultiplication des offres sur les plateformes, fragmentation de l'attention sur les réseaux sociaux, concentration des canaux de diffusion et émergence de l'intelligence artificielle.
La réunion se veut transversale : studios hollywoodiens, chaînes de télévision, plate‑formes de streaming, exploitants de salles, producteurs et éditeurs de jeux vidéo sont conviés à échanger, afin de dépasser les cloisonnements traditionnels entre secteurs.
Acteurs et équilibres internationaux
Le sommet affiche un casting international : outre des représentants des grands groupes américains, figurent des exploitants mexicains et australiens, le conglomérat sud‑coréen CJ Group, ainsi que des ministres de la Culture du Nigeria et de l'Afrique du Sud. La France y envoie des dirigeants des principaux médias nationaux, dont Canal+ et TF1, et place le CNC au cœur de la coordination.
« Le succès de ce sommet se mesurera à ce qui y prendra naissance: de nouvelles coalitions, de nouveaux projets et un dialogue durable entre des mondes qui ont trop souvent travaillé séparément. »
La citation, transmise à la presse par le président de la République, souligne l'ambition de faire émerger des alliances concrètes plutôt que de simples positions symboliques. Le sommet est coorganisé par la France et la Corée du Sud, sur l'initiative conjointe d'Emmanuel Macron et du président sud‑coréen Lee Jae Myung.
Questions politiques et économiques
Au‑delà du diagnostic, les débats porteront sur des sujets sensibles : le rôle des plateformes dans la distribution, la régulation de l'intelligence artificielle appliquée à la création audiovisuelle, la protection des droits d'auteur, ainsi que la pérennité du modèle économique des salles. Le CNC, qui pilote côté français, a récemment pointé le manque de leadership attendu de certains acteurs américains, dans un contexte où l'influence traditionnelle d'Hollywood paraît affaiblie par une crise interne.
Plusieurs enjeux nationaux sont en jeu : la capacité de l'État à préserver une industrie culturelle créatrice d'emplois, la défense de la diversité des œuvres face à l'algorithme, et la recherche de modèles de financement stables pour la production et l'exploitation. Les ministres présents, notamment africains et asiatiques, porteront aussi les questions de circulation des films et de coopération industrielle entre zones géographiques.
- Objectif : favoriser l'émergence de coalitions et de projets concrets.
- Sujets centraux : IA, plateformes, fragmentation des publics, droits d'auteur.
- Participants : studios, diffuseurs, exploitants, producteurs, responsables publics de 55 pays.
| Chiffres clés | Valeur |
|---|---|
| Invités | 200 |
| Pays représentés | 55 |
| Baisse de fréquentation (5 ans) | -40 % |
Le sommet entend également tirer les enseignements des succès commerciaux récents, cités lors des invitations, qui montrent que des films continuent d'attirer des publics massifs. La difficulté sera de transformer ces cas ponctuels en stratégies durables, adaptées aux évolutions technologiques et aux nouveaux usages.
Au terme de la journée, les observateurs attendront des engagements précis : initiatives de coproduction, pactes pour soutenir l'exploitation en salles, cadres éthiques pour l'utilisation de l'IA, ou mesures coordonnées au plan international pour soutenir la diffusion et la diversité culturelle. Ce rassemblement marque, pour la France, une volonté de jouer un rôle actif dans la définition d'une nouvelle gouvernance mondiale du cinéma.