Ce vendredi 18 septembre, à la faculté Hyacinthe Bastaraud, une trentaine d'étudiants de l'UFR Santé de l'Université des Antilles ont reçu leur diplôme de deuxième cycle. Pour la première fois, une promotion a suivi l'ensemble du cursus médical au sein de l'académie, de la première à la sixième année, une étape décrite par les responsables universitaires comme l'aboutissement d'un long travail institutionnel.
Une formation complète désormais assurée aux Antilles
Jusqu'à présent, la formation médicale aux Antilles se déroulait partiellement sur place : seuls le premier et le troisième cycle étaient organisés dans les îles. L'ouverture progressive des quatrième, cinquième et sixième années, aux rentrées 2023, 2024 et 2025, a permis de proposer désormais un cursus de médecine complet sur le territoire. Cette évolution doit permettre, selon l'université, de mieux répondre aux besoins en professionnels de santé dans les deux îles.
Le doyen de la faculté, Christophe Deligny, a salué l'aboutissement de plusieurs décennies de travail et insisté sur l'importance locale de cette avancée. Il voit dans cette formation complète une garantie supplémentaire que des médecins formés ici auront « très envie de rester chez nous » et de s'occuper des populations locales.
« C'est une bonne garantie que ces étudiants aient très envie de rester chez nous et ne partent pas exercer en métropole et donc ne s'occupent pas de nos populations. C'est l'aboutissement de 40 ans de travail. »
Des résultats encourageants
Les chiffres de réussite présentés à l'occasion de la cérémonie témoignent d'un bilan positif pour la filière santé des Antilles :
- Plus de 80 % de réussite chez les médecins ;
- 93 % de réussite chez les sage-femmes ;
- 95 % de réussite chez les infirmiers.
La major de la promotion en médecine, Méthyss Cointre, figure parmi les 100 premiers au niveau national. Elle a exprimé sa fierté d'appartenir à cette première promotion formée intégralement aux Antilles et a souligné l'importance de pouvoir rester « chez soi », entourée de professeurs et de patients locaux, pour devenir des professionnels adaptés au contexte régional.
« Aujourd'hui, nous avons une fac de médecine de plein exercice. C'est très important pour moi de faire partie de cette première promotion. Le fait de pouvoir rester chez soi, entouré de professeurs et de populations qui sont les nôtres, ça nous apprend beaucoup et ça nous permet d'être de meilleurs professionnels de santé. »
Quel impact pour la Guadeloupe ?
La structuration d'un cursus complet de médecine aux Antilles vise à répondre à deux enjeux principaux : renforcer l'offre de soins locale et fidéliser les jeunes diplômés sur le territoire. En formant des médecins, sage-femmes et infirmiers au contact direct des réalités sanitaires antillaises, l'université espère diminuer les départs vers la métropole et favoriser l'émergence d'un écosystème de santé adapté aux spécificités régionales.
La présence d'une faculté pleinement opérationnelle constitue aussi un atout pour la recherche clinique et l'innovation en santé, domaines souvent évoqués comme prioritaires pour améliorer la prise en charge des populations dans les Outre-mer.
Points pratiques et perspectives
La cérémonie de remise des diplômes marque le début d'une nouvelle étape pour ces jeunes professionnels. Les autorités universitaires et sanitaires devront désormais accompagner leur insertion : stages hospitaliers locaux, contrats d'engagement, dispositifs d'incitation à l'installation en zones sous-dotées seront autant d'outils à mobiliser pour maximiser l'impact de cette formation.
| Filière | Taux de réussite communiqué |
|---|---|
| Médecine | + de 80 % |
| Sage-femme | 93 % |
| Infirmier | 95 % |
Cette promotion inaugurale, formée intégralement dans l'académie, constitue un signal fort pour l'avenir des soins en Guadeloupe et en Martinique. Reste désormais à transformer cette réussite académique en présence durable de professionnels sur le terrain, là où les besoins demeurent importants.
La faculté Hyacinthe Bastaraud et l'Université des Antilles auront un rôle central pour soutenir les jeunes diplômés et coordonner les acteurs de santé afin que l'investissement éducatif se traduise rapidement par des gains concrets pour la population.