La quiétude estivale de la côte sud de Basse‑Terre a été brutalement troublée mardi 11 et mercredi 12 août par deux braquages à main armée visant des commerces de proximité à Trois‑Rivières et à Pointe‑Noire. Dans les deux cas, l’intervention de deux individus cagoulés en début de soirée, la présence apparente d’une arme dissimulée et l’emport d’argent des caisses laissent penser à un mode opératoire identique, suscitant l’inquiétude des commerçants locaux.
Récit des faits
Mardi 11 août, peu avant 19 h 30, le 8 à 8 de Trois‑Rivières voit deux hommes encagoulés pénétrer dans le magasin alors que la fermeture est prévue à 20 h. L’un d’eux se dirige vers le responsable, Luc Fanchon, et réclame immédiatement la caisse. Sous la menace — un des individus tenait un objet dissimulé sous un tissu, dont la nature n’a pas été établie — le gérant remet l’argent. Le montant emporté est estimé entre 900 et 1 000 euros. Les auteurs tentent ensuite d’ouvrir une seconde caisse, sans succès.
« Dès qu’il est rentré, il m’a réclamé la caisse. Il veut la caisse. Et donc, moi, j’ai exécuté tout de suite »
Le lendemain, mercredi 12 août vers 19 h, c’est un Carrefour Express de Pointe‑Noire qui est pris pour cible. Là encore, deux individus cagoulés font irruption : l’un s’empare de la caisse, tandis que l’autre semble tenir une arme dissimulée. La gérante, Nicole Ramillon, et une employée se trouvaient au fond du magasin ; alertée, la responsable demande au personnel de rester à l’écart, évitant une confrontation directe.
Des éléments communs qui interrogent
Plusieurs similarités entre les deux attaques interrogent les enquêteurs et la communauté commerçante :
- présence de deux individus cagoulés dans chaque affaire ;
- intervention en début de soirée ;
- demande immédiate de remise des fonds des caisses ;
- apparence d’une arme dissimulée sous un tissu ;
- usage d’un cabas pour récupérer l’argent.
Si ces points communs pourraient laisser penser à l’action d’un même groupe ou d’un même mode opératoire circulant dans le département, aucun élément officiel n’a été communiqué confirmant un lien concret entre les deux faits à ce stade.
Réactions et climat d’inquiétude
Ces agressions surviennent dans des communes souvent perçues comme plus calmes que les grandes agglomérations, renforçant le sentiment de vulnérabilité chez les petits commerces, déjà fragilisés par la conjoncture économique. Plusieurs commerçants contactés par nos soins expriment leur préoccupation : la peur d’une récidive, la difficulté d’assurer la sécurité hors des heures d’affluence, et l’impact psychologique sur les équipes.
Les victimes décrivent un même réflexe : prioriser la sécurité des personnes et remettre les fonds demandés pour éviter l’escalade de violence. À Trois‑Rivières, la menace proférée en créole — « Je vais te descendre » — a particulièrement choqué la salariée présente, révélant l’intensité du trauma subi.
Enquête en cours
Les investigations ont été ouvertes par les services compétents. Les maigres descriptions disponibles — deux individus cagoulés, objet dissimulé sous un tissu, cabas — restent insuffisantes pour permettre une identification immédiate des auteurs. La nature exacte de l’arme évoquée n’a pas été établie par les forces de l’ordre.
Les autorités locales appellent les témoins à se manifester et la population à rester vigilante. Toute information relative aux déplacements suspects ou aux comportements inhabituels observés aux abords des commerces en soirée peut aider l’enquête.
Conduite à tenir pour les commerçants
Sans minorer la responsabilité des pouvoirs publics pour renforcer la sécurité, les experts en prévention recommandent des gestes simples que les commerçants peuvent adopter :
- former le personnel à réagir en cas d’agression (priorité à la sécurité des personnes) ;
- limiter la présence d’espèces dans les caisses ;
- installer, si possible, des dispositifs de sécurité discrets (caméras, alarme silencieuse) ;
- éviter les confrontations et respecter les consignes des auteurs pour préserver la vie humaine.
Ces deux braquages rappellent combien la sécurité des commerces de proximité est un enjeu quotidien dans nos communes insulaires, où la proximité des habitants ne garantit pas l’absence de violence. Les investigations se poursuivent ; la population et les commerçants attendent désormais des réponses rapides des forces de l’ordre pour restaurer un sentiment de sécurité.
Enquête en cours. Toute personne disposant d’informations est priée de contacter la gendarmerie.