La cour d'assises de Basse-Terre ouvre ce lundi une longue audience consacrée à six affaires criminelles majeures. Tirés pour instruction depuis des faits s'étalant sur plusieurs années, ces dossiers portent sur un assassinat, un meurtre, deux braquages ayant entraîné la mort et deux faits de viols aggravés. Au total, ces affaires ont causé la mort de quatre personnes et rassemblent quatorze accusés qui seront jugés jusqu'au 7 octobre.
Des prévenus pour la première fois devant une cour d'assises
Tous les quatorze mis en cause comparaissent pour la première fois devant une cour d'assises. Huit d'entre eux présentent un casier judiciaire vierge. Pour les six autres, les mentions portées sur le casier sont qualifiées de légères : quatre prévenus n'ont qu'une précédente condamnation, un autre en compte deux et le dernier, trois.
La composition des dossiers varie : dans deux affaires, un seul auteur est poursuivi ; dans les deux affaires de braquage mortel, il existe des groupes d'accusés, l'un formé de quatre personnes, l'autre de six. La gravité des faits et la jeunesse de certains protagonistes feront peser sur la cour des questions délicates quant à la répression et à la déradicalisation.
- Nombre d'affaires jugées : 6
- Nombre d'accusés : 14
- Décès liés aux dossiers : 4
- Durée du procès : du 14 septembre au 7 octobre
Des mineurs devant la cour d'assises des mineurs
Dans le groupe de six accusés, la jeunesse des mis en cause est frappante : quatre avaient respectivement 16 ans pour l'un et 17 ans pour trois d'entre eux au moment des faits ; les deux autres étaient tout juste majeurs, âgés de 18 ans. Ces éléments amènent la procédure devant la cour d'assises des mineurs, compétente pour juger des faits les plus graves commis par des jeunes.
Dans la seconde bande de braqueurs, les âges au moment des faits étaient : 21, 23, 23 et 24 ans pour les quatre prévenus concernés, soulignant là encore une implication de jeunes adultes dans des violences lourdes.
| Type d'affaire | Nombre d'accusés | Décès |
|---|---|---|
| Assassinat / meurtre | 2 (cas jugé ce lundi) | 1 (dans l'affaire de Port-Louis) |
| Braquages mortels | Groupes de 4 et 6 | 2 |
| Viols aggravés | Non précisé | 0 |
Un dossier suivi : la fusillade de Port-Louis
Parmi les affaires examinées en ce début de session figure celle des faits survenus le 1er mai 2023 à Port-Louis. Lors d'une réunion festive décrite comme une « boat party » sur la plage de la Pointe des Sables, un jeune Abymien âgé de 20 ans a été abattu par un individu coiffé d'une cagoule de jet-ski et muni d'une arme de poing. Cette affaire, qualifiée d'assassinat pour l'un des prévenus et de meurtre pour l'autre, est jugée dès ce lundi après-midi.
« boat party »
Le nom d'une des victimes — Stanley Glandor, âgé de 20 ans au moment des faits — apparaît dans les pièces du dossier. Les circonstances précises des motivations et des responsabilités seront au cœur des débats, tout comme l'expertise balistique et les témoignages recueillis au cours de l'instruction.
Pour les magistrats et les familles, ces trois semaines d'audience constitueront un temps judiciaire intense : il s'agit non seulement de déterminer les responsabilités et d'évaluer les peines, mais aussi d'envoyer un signal à une société locale confrontée à la violence armée et aux questions de délinquance juvénile. Les décisions rendues à l'issue de ces procès auront des répercussions locales, tant pour la sécurité des quartiers concernés que pour les politiques de prévention et d'accompagnement des jeunes en difficulté.
La cour d'assises tiendra ses audiences publiques jusqu'au 7 octobre, date à laquelle les jurés et les magistrats seront appelés à délibérer sur l'ensemble de ces dossiers.