Une enquête lancée à Paris pour vérifier des opérations de désinformation
Le parquet de Paris a annoncé, mardi 18 août, s'être saisi d'initiative des soupçons d'ingérence étrangère visant deux prétendants à la présidentielle, Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance). La décision émane de la section « protection des libertés fondamentales » du ministère public, qui a ouvert des examens et des constatations afin de qualifier les faits signalés.
Ces saisines interviennent après une série d'opérations de déstabilisation attribuées à des réseaux pro-russes, selon les éléments rendus publics cet été. Des contenus manipulés — deepfakes, faux reportages vidéo, et fausses « unes » de journaux — ont circulé sur les réseaux et plateformes, ciblant la santé et la vie privée des personnalités mises en cause.
« La section AC2 protection des libertés fondamentales s'est saisie d'initiative pour les trois personnalités évoquées, avant même réception des plaintes »
Le ministère public précise que l'ouverture de cette enquête administrative a été faite avant la réception de plaintes formelles, et que les plaintes déposées — dont celle de Gabriel Attal le 7 août pour « ingérence étrangère » — sont en cours d'examen. Le parquet évoque des « constatations et vérifications en cours, qualification des faits ».
Des contenus visant la santé et la vie privée
Parmi les éléments diffusés, certains laissaient entendre qu'Édouard Philippe souffrait de troubles cognitifs, informations rapidement démenties par son entourage. Pour Gabriel Attal, des vidéos truquées reprenant l'identité visuelle de titres de presse comme Le Figaro ou Libération ont alimenté des rumeurs sur son état de santé, évoquant à tort une hospitalisation ou la maladie de Parkinson.
Avant ces nouveaux cas, le parquet parisien s'était déjà saisi, début août, de faits similaires concernant Raphaël Glucksmann (Place publique), pour des attaques visant sa compagne, la journaliste Léa Salamé. Les opérations de désinformation, même si elles sont décrites par une source sécuritaire comme « restées peu visibles », sont toutefois remarquables : elles constituent les premières attaques visant directement, depuis le début de la campagne, des prétendants à l'Élysée.
- Attal : plainte déposée le 7 août pour « ingérence étrangère » ; diffusion de vidéos truquées et fausses unes.
- Édouard Philippe : diffusion de rumeurs sur son état de santé et prétendues formes de démence.
- Raphaël Glucksmann : précédemment visé par des fausses allégations concernant sa compagne.
| Personnalité | Type d'attaque | Action judiciaire |
|---|---|---|
| Gabriel Attal | Vidéos truquées, fausses unes | Plainte déposée le 7 août |
| Édouard Philippe | Rumeurs sur la santé | Saisie d'initiative du parquet |
| Raphaël Glucksmann | Allégations visant sa compagne | Saisie antérieure du parquet |
Enjeux judiciaires et politiques
La décision du parquet parisien marque une prise en compte judiciaire de la gravité de telles opérations au moment où se profile la campagne présidentielle. Les autorités judiciaires entendent ainsi vérifier l'origine et la nature des contenus diffusés, et déterminer s'il y a eu ingérence étrangère au sens pénal.
Les investigations porteront sur la matérialité des manipulations (deepfakes, faux reportages), l'identification des réseaux à l'origine des campagnes et l'éventuelle coordination de ces opérations. Le parquet rappelle que les faits sont en cours d'examen, sans plus de détail à ce stade.
À Paris, où les décisions judiciaires prises au cœur des institutions nationales retiennent particulièrement l'attention, cette saisie d'initiative alimente le débat sur la vulnérabilité des scrutins contemporains face aux manipulations numériques et sur les moyens de protection de la sincérité du débat public.
La suite dépendra des constatations techniques et des enquêtes susceptibles d'être ordonnées par le parquet, qui décidera ensuite des qualifications pénales à retenir et des suites procédurales à engager.