La natation française perd l'une de ses figures les plus marquantes de la génération post-Paris 2024. Lors de la dernière journée des Championnats d'Europe disputés à Paris, la nageuse Anastasiia Kirpichnikova a officialisé, dimanche, sa décision de mettre un terme à sa carrière, à seulement 26 ans.
Un palmarès court mais dense
Née à Asbest en Russie, naturalisée française en 2023, Kirpichnikova s'était fait connaître du grand public lors des Jeux olympiques organisés à Paris, où elle avait décroché la médaille d'argent du 1 500 m nage libre, derrière l'Américaine Katie Ledecky. Cette performance, très suivie dans la capitale, avait contribué à l'élan de la natation française à domicile.
Au cours d'une carrière brève mais riche, elle a aligné 11 médailles internationales, obtenues sous les couleurs de la Russie puis de la France. Son palmarès compte notamment :
- Une médaille d'argent olympique (1 500 m, Paris 2024)
- Des podiums aux championnats du monde et d'Europe
- Des titres nationaux récents (triple championne de France en petit bassin en 2025)
Son dernier retour en compétition remontait à octobre 2025, aux Championnats de France en petit bassin à Taverny, où elle avait remporté les trois courses auxquelles elle avait participé (400 m, 800 m, 1 500 m). Ce succès national avait néanmoins été suivi, quelques semaines auparavant, d'une confession limpide : elle n'avait «plus envie de nager», sans être encore prête à annoncer la fin de son parcours.
Des hauts et des bas après Paris 2024
La médaille d'argent acquise à Paris reste le point d'orgue de sa carrière. Après les JO, sa trajectoire a connu des résultats plus fluctuants : elle a terminé sixième du 800 m et quatrième du 1 500 m lors des Mondiaux en petit bassin à Budapest fin 2024, puis cinquième du 1 500 m aux Championnats du monde en grand bassin en 2025. Ces places d'honneur témoignent d'une compétitrice toujours présente sur la scène internationale, mais aussi d'une difficulté à retrouver la progression affichée en 2024.
Formée et entraînée par Philippe Lucas à Martigues, elle a souvent été perçue comme une nageuse capable de rivaliser au plus haut niveau sur les longues distances. Sa décision de partir jeune laisse un sentiment d'inachevé pour certains observateurs, mais s'inscrit dans une trajectoire personnelle qu'elle a choisie.
« Je suis choquée, mon rêve s’est réalisé aujourd’hui », avait-elle déclaré après sa course aux Jeux de Paris.
Conséquences locales et mémoire parisienne
À Paris, où son exploit olympique a été vécu comme un moment fort de l'été 2024, la nouvelle de sa retraite ravive les souvenirs de ces journées intenses. Pour les clubs et les entraîneurs de la région, son parcours — naturalisation récente, intégration rapide au sein de l'équipe de France, réussite olympique — constitue un exemple de réussite mais aussi de la fragilité des carrières en natation de haut niveau.
Plusieurs éléments de son parcours méritent que l'on s'y arrête :
- Sa naturalisation en 2023, préalable à sa participation sous le maillot tricolore.
- La place centrale qu'a tenue Paris dans sa carrière, avec les Jeux de 2024 et l'annonce de sa retraite lors d'une compétition européenne organisée dans la capitale.
- Son palmarès international, qui comporte onze médailles obtenues à la fois pour la Russie et pour la France.
| Année | Événement | Résultat |
|---|---|---|
| 2024 | Jeux olympiques (Paris) | Médaille d'argent, 1 500 m |
| 2024 | Championnats du monde petit bassin (Budapest) | 6e (800 m), 4e (1 500 m) |
| 2025 | Championnats du monde grand bassin | 5e (1 500 m) |
| 2025 | Championnats de France petit bassin (Taverny) | 1re (400 m, 800 m, 1 500 m) |
Sans annoncer de projet précis pour l'avenir au moment de sa déclaration, la retraitée laisse ouverte la possibilité de nouvelles voies — accompagnement, formation ou engagement au sein du milieu sportif — mais rien n'a été confirmé. Pour Paris, elle restera l'une des images fortes des Jeux qu'elle a contribué à animer.
La décision d'Anastasiia Kirpichnikova marque la fin d'un chapitre personnel et rappelle, en creux, l'intensité des carrières sportives contemporaines : parfois brèves, souvent intenses, toujours scrutées par une capitale qui sait célébrer et contempler ses champions.