La Gironde marque une étape dans la gestion des récents incendies : la préfète Sophie Brocas a autorisé, mardi 8 septembre, la reprise des travaux forestiers dans les parcelles affectées par les flammes. Cette levée partielle de l’interdiction intervient alors que les foyers ne sont pas tous déclarés « éteints », mais elle est strictement encadrée.
Des interdictions qui restent en vigueur pour le grand public
Le texte préfectoral rappelle que la circulation libre à l’intérieur du périmètre incendié demeure interdite pour les promeneurs et les curieux. Seules les personnes ayant un intérêt légitime — propriétaires, gestionnaires forestiers, exploitants agricoles, agents des services publics — sont autorisées à pénétrer sur les parcelles. Autrement dit, la reprise des activités concerne exclusivement des professionnels habilités.
Un protocole strict pour éviter la réapparition des feux
Les interventions seront menées selon des précautions renforcées. « On va s’assurer qu’il n’y a pas de points chauds ni de fumerons sur la parcelle à l’arrivée des engins, mais aussi au moment de leur départ. Car le gros risque lié aux interventions, c’est de remettre du combustible au sol », détaille un responsable local de la lutte contre l’incendie. Les entreprises de travaux forestiers se sont vues proposer des recommandations complémentaires afin de travailler « dans les meilleures conditions de sécurité » après deux mois d’activités contraintes.
« Nous sommes déjà soumis à une réglementation bien spécifique pour intervenir en forêt et prévenir le risque feu. Notre association a proposé des préconisations supplémentaires et ce, afin qu’après deux mois en mode dégradé, le travail reprenne dans les meilleures conditions de sécurité », a expliqué Steve Cazorro, président de l’association des entreprises de travaux forestiers (ETF) de Nouvelle-Aquitaine.
Météo déterminante : une autorisation qui peut basculer
La réouverture est conditionnée par des paramètres météorologiques précis. Pierre Macé, directeur général de la DFCI, souligne que la décision reste susceptible d’être rapidement renversée « au fil des évolutions météorologiques ». Si le département devait connaître un nouvel épisode caniculaire, l’autorisation pourrait être suspendue et le niveau de vigilance remonté.
Les conditions favorables évoquées par les services : une température n’excédant pas 27 °C, un vent d’ouest, une hygrométrie située entre 40 et 60 %, et des précipitations annoncées qui devraient être faibles. Les reprises importantes ont été localisées sur un secteur particulier autour de Lacanau.
| Paramètre | Condition citée |
|---|---|
| Température | ≤ 27 °C |
| Vent | Flux d’ouest |
| Hygrométrie | 40–60 % |
| Précipitations | Faibles, traces attendues |
Organisation professionnelle et sécurité
Les entreprises forestières ont déjà élaboré des protocoles adaptés. Les recommandations mettent l’accent sur des mesures simples mais essentielles : vérifier l’absence de points chauds avant et après intervention, limiter les risques liés aux engins et coordonner les actions avec les services de secours. Ces règles sont destinées à éviter qu’un chantier ne réactive un foyer latent ou n’en crée un nouveau en remuant des combustibles.
- Accès réservé aux propriétaires, gestionnaires et personnels habilités.
- Contrôles et vérifications des points chauds avant départ des engins.
- Suspension immédiate des travaux en cas d’aggravation météorologique.
Conséquences locales et perspectives
La reprise progressive des travaux vise à permettre la remise en état des parcelles, la sécurisation des forêts et la préparation des exploitations pour l’automne et l’hiver. Pour les entreprises locales, il s’agit aussi d’un retour d’activité après des semaines d’incertitude. En revanche, la possibilité pour le grand public de revenir dans ces espaces n’est pas à l’ordre du jour tant que la situation n’est pas stabilisée.
Les autorités restent vigilantes : la situation peut évoluer rapidement et la priorité demeure la prévention d’un nouveau départ de feu. Les habitants sont invités à respecter les périmètres de sécurité et à suivre les consignes des services préfectoraux et des équipes de lutte contre l’incendie.