Un praticien apprécié des familles et reconnu par ses pairs
Le départ précipité du docteur Don André Vincentelli, décédé le 4 août des suites d'un lymphome foudroyant, a provoqué une vive émotion dans la cité impériale et au-delà. Agé de 33 ans, il était l'un des chirurgiens pédiatriques les plus en vue formés en Corse et appelait à retourner son savoir au service de l'île.
Formé à Corte puis à la faculté Paris Descartes et au CHU de Saint-Étienne, il avait choisi la chirurgie pédiatrique, discipline pour laquelle l'établissement de Saint-Étienne est réputé. Son parcours scolaire inclut le lycée Laetitia d'Ajaccio, où il avait obtenu un baccalauréat avec mention très bien et les félicitations du jury, puis la réussite aux épreuves de l'internat qui l'ont orienté vers son choix de spécialité.
Un projet professionnel brutalement interrompu
En novembre, il devait prendre la direction du service de chirurgie pédiatrique qu'il avait contribué à créer à l'hôpital d'Ajaccio. Ce projet, fruit d'un engagement professionnel et d'un attachement à la Corse natale, ne pourra jamais se concrétiser, privant l'hôpital d'une expertise reconnue et les familles d'un praticien apprécié pour sa capacité à rassurer.
| Élément | Information |
|---|---|
| Date du décès | 4 août |
| Âge | 33 ans |
| Spécialité | Chirurgie pédiatrique |
| Funérailles | Cathédrale Santa Maria Assunta d'Ajaccio |
Une présence réconfortante pour enfants et parents
Les témoignages recueillis depuis l'annonce du décès insistent sur la qualité relationnelle du médecin. « Il savait comme personne rassurer enfants et parents », note le dossier nécrologique : on évoque fréquemment son habitude de déambuler dans les services en tenant un patient apeuré dans les bras. Sa stature imposante, sa barbe fournie et ses yeux rieurs contrastaient avec la douceur et l'humilité dont il faisait preuve auprès des plus jeunes.
- Formation : Corte, Paris Descartes, CHU de Saint-Étienne.
- Fonctions : chirurgien pédiatrique, contributeur à la création du service de chirurgie pédiatrique d'Ajaccio.
- Vie personnelle : marié deux ans auparavant à Kinga, également médecin.
Un hommage rassemblant une vaste communauté
Ses obsèques, célébrées en la cathédrale Santa Maria Assunta d'Ajaccio, ont rassemblé une foule nombreuse venue « de toute la Corse, de Pologne, de Marseille, de Saint-Étienne et d'ailleurs », signe de l'impact de son action et de l'étendue des liens tissés durant sa courte carrière. Parmi les présents figuraient notamment les pères Salvador et Pio, aux côtés de la famille, des amis et de nombreux collègues.
« Seigneur, je n'ai pas le cœur fier, ni le regard ambitieux »
Profondément croyant, Don André vivait son engagement professionnel et spirituel selon ces paroles, tirées du psaume 130, rappelées par ses proches. Sa quête d'excellence était constamment orientée vers le service des autres plutôt que vers la reconnaissance personnelle.
Conséquences locales et questions pour l'avenir
La disparition d'un praticien de ce profil rappelle les enjeux du maintien des compétences médicales en Corse : la difficulté d'attirer et de retenir des spécialistes sur l'île reste un sujet sensible pour l'accès aux soins, particulièrement dans des domaines pointus comme la chirurgie pédiatrique. Le projet de service à l'hôpital d'Ajaccio, soutenu par le travail engagé par le docteur Vincentelli, devra désormais être repris et poursuivi par d'autres équipes afin de ne pas fragiliser l'offre de soins destinée aux enfants.
Au-delà des aspects institutionnels, c'est d'abord la communauté humaine qui pleure un médecin dévoué : patients, familles et collègues se retrouvent dans le regret de ne plus pouvoir bénéficier d'une présence apaisante et compétente. L'hôpital d'Ajaccio perd un professionnel dont la trajectoire illustrait le souhait de nombreux jeunes médecins corses : revenir servir l'île après une formation accomplie ailleurs.
Dans cette période de deuil, la mémoire de Don André restera associée à son engagement pour la pédiatrie insulaire, à sa foi et à une volonté tangible de rendre à la Corse une part de ce qu'il avait reçu en y grandissant.