Lena Situations a transformé, le lundi 31 août, la traditionnelle conclusion de ses « Vlogs d’août » en un grand rendez‑vous en salle à l’Accor Arena à Paris. Le spectacle, annoncé comme un mélange de concerts, de discussions et de happenings, a suscité un engouement massif : 20 000 billets vendus en moins d’une heure. La captation de la soirée sera diffusée le 12 septembre sur France 2.
Un événement et une controverse
Si pour une partie du public ce type de programmation confirme la montée en puissance d’influenceurs capables de mobiliser des foules, d’autres y voient la cristallisation d’un phénomène critique sur les réseaux sociaux baptisé « culture du vide ». Le terme vise des contenus jugés superficiels, axés sur l’apparence, la consommation et la mise en scène de soi, perçus comme peu riches en réflexion ou en information.
Cette polémique n’est pas née avec un événement précis : l’expression a pris de l’ampleur depuis fin 2024 et s’est imposée sur les plateformes au cours de l’année 2025, portée par les commentaires d’internautes, notamment sur TikTok, puis reprise par des personnalités publiques.
"Cette culture du vide, ces insultes dont beaucoup d'artistes s
La généalogie intellectuelle de l’expression renvoie à des analyses plus anciennes. On trouve un écho à la réflexion de Gilles Lipovetsky dans L’Ère du vide, essai publié en 1983, qui décrivait déjà une société marquée par l’individualisme et la primauté de la séduction et de la communication.
Qui emploie ce terme et pourquoi ?
Sur les réseaux, l’expression est surtout utilisée par des internautes pour qualifier des vidéos qu’ils jugent superficielles. Mais le débat a rapidement dépassé le seul registre des commentaires : des personnalités publiques ont commencé à s’en saisir pour dénoncer, ou au contraire relativiser, la critique portée contre la culture d’influence.
La réflexion autour de la « culture du vide » interroge plusieurs dimensions :
- la valeur culturelle des contenus produits par les influenceurs ;
- la capacité de mobilisation de ces créateurs, attestée par des ventes massives de billets ;
- la polarisation des internautes entre adulation et rejet, accentuée par les plateformes.
Conséquences pour le monde de la culture
L’événement de l’Accor Arena illustre que la frontière entre divertissement populaire et institution culturelle est de plus en plus poreuse. La diffusion sur une chaîne nationale comme France 2 témoigne aussi d’une reconnaissance médiatique qui participe à légitimer ce type de formats auprès d’un public plus large.
En parallèle, la critique de la « culture du vide » pose la question des critères permettant de juger la qualité d’un contenu : faut‑il privilégier la profondeur réflexive, l’innovation formelle, la capacité à rassembler, ou l’impact sociétal ? Le débat ne semble pas prêt d’être tranché, d’autant que la dynamique de l’économie de l’attention sur les réseaux favorise les formats courts, esthétisés et très partagés.
Repères
| Événement | Donnée |
|---|---|
| Soirée de clôture des Vlogs d’août | Accor Arena, 31 août |
| Billets vendus | 20 000 en moins d’une heure |
| Diffusion télé | France 2, 12 septembre |
| Émergence de l’expression | Fin 2024 – visible en 2025 |
À l’ère des défilés numériques et des grandes scènes, le cas de Lena Situations illustre un double mouvement : d’un côté une capacité de mobilisation incontestable, de l’autre une interrogation croissante sur la teneur et la portée des contenus qui remplissent aujourd’hui les arènes culturelles. Le débat, lancé sur les plateformes, trouve désormais un écho sur les ondes et dans les salles.