La région Auvergne-Rhône-Alpes fait face à une recrudescence de cas de légionellose en Savoie : depuis le 1er juin, 41 personnes ont été déclarées malades, parmi lesquelles 40 hospitalisations pour des troubles respiratoires et deux décès de patients âgés de plus de 80 ans, rapporte l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, relayée par Le Dauphiné Libéré.
Qui est touché et où portent les investigations ?
Selon le bilan communiqué par l’ARS, les personnes atteintes ont entre 26 et 91 ans. Sur les 41 cas recensés, 34 résident en Savoie ; les sept autres personnes ont été contaminées lors d’un séjour dans le département. Les investigations se concentrent principalement sur le bassin de Chambéry, où résident ou ont fréquenté 25 des malades.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Cas déclarés | 41 |
| Hospitalisations | 40 |
| Décès | 2 (âgés de plus de 80 ans) |
| Tranche d'âge des malades | 26–91 ans |
Nature de la maladie et mode de transmission
La légionellose, dite « maladie du légionnaire », est une infection pulmonaire d’origine bactérienne. L’ARS rappelle que la contamination s’effectue par voie aérienne, par inhalation de gouttelettes d’eau ou d’aérosols contenant la bactérie Legionella (par exemple issus de systèmes de climatisation, tours aéroréfrigérantes, fontaines décoratives, douches ou spas mal entretenus). La maladie ne se transmet pas d’une personne à l’autre et la consommation d’eau potable ne constitue pas un vecteur de contamination.
Le délai d’incubation est habituellement de deux à dix jours. Les premiers signes peuvent rappeler ceux d’autres infections respiratoires : toux importante, fièvre, et parfois des troubles digestifs. Le taux de létalité est élevé : l’ARS cite une estimation de 9 % dans la littérature pour les formes sévères.
Mesures et conséquences des investigations
L’ARS mène des actions de terrain pour identifier la source de contamination, en ciblant prioritairement les installations susceptibles de générer des aérosols. Les autorités sanitaires procèdent aux prélèvements et analyses microbiologiques qui permettront d’orienter les mesures correctives (arrêt, désinfection ou remise en conformité des installations concernées).
- Vérifier et entretenir régulièrement les systèmes de production d’eau chaude sanitaire, tours aérorefroidissantes, systèmes de climatisation et spas.
- Respecter les recommandations d’entretien et de nettoyage des installations susceptibles de générer des aérosols.
- Consulter un médecin en cas d’apparition de symptômes respiratoires persistants après un séjour dans une zone concernée.
Pour la population, il est important de rester attentif aux symptômes et de signaler tout foyer suspect auprès des services de santé locaux. Les professionnels (bâtiment, hôtellerie, collectivités) sont invités à coopérer avec l’ARS pour permettre un diagnostic rapide de la source et limiter le risque d’exposition.
Du point de vue belge, bien que l’épisode se produise en France, il rappelle l’importance d’une vigilance transfrontalière sur les risques liés aux installations de climatisation et d’eau chaude, notamment dans les lieux recevant du public. Les autorités sanitaires belges surveillent régulièrement la situation dans les pays voisins et restent prêtes à diffuser des recommandations si un risque pour la Belgique devait apparaître.
Les investigations menées en Savoie doivent encore préciser l’origine exacte de l’épidémie. En attendant les résultats des prélèvements, l’ARS poursuit son travail de traçage et de contrôle pour contenir la propagation et éviter de nouveaux cas.