Le gouvernement canadien a dévoilé mardi matin un train de mesures commerciales et de soutien économique visant à répliquer aux pressions américaines : à partir du 8 septembre à 0 h 01, des centaines de produits importés des États-Unis se verront appliquer des contre-tarifs de 15 %, 25 % ou 50 %, et Ottawa mettra en place un dispositif d’aide évalué à 7,5 milliards de dollars pour atténuer l’impact sur les entreprises et les salariés.
Une riposte tarifaire « dollar pour dollar »
Les marchandises américaines visées représentent une valeur de 27,6 milliards de dollars, soit une riposte « dollar pour dollar » promise par Mark Carney, selon le ministère des Finances. Le catalogue des produits ciblés comprend 874 entrées, réparties en catégories très diverses.
« Les nouvelles mesures annoncées aujourd’hui contribueront à protéger les emplois, à renforcer les industries qui font tourner l’économie et à consolider les chaînes d’approvisionnement qui soutiennent la prospérité nationale », a déclaré la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly.
Les contre-mesures tarifaires sont calibrées selon les secteurs. Certaines marchandises subiront une surtaxe modérée, d’autres une taxe punitive, reflétant la stratégie d’Ottawa d’aligner ses mesures sur les pressions qu’exercent déjà les États-Unis sur des industries précises.
Quels secteurs sont touchés ?
Le ministère des Finances a détaillé les principaux groupes de produits concernés. Voici un résumé par niveau de surtaxe, avec des exemples fournis par Ottawa :
- 15 % : appareils agricoles, caoutchouc et plastiques, appareils de ventilation, et autres produits divers.
- 25 % : véhicules automobiles et ferroviaires et leurs pièces, appareils électroménagers, poissons et produits de la mer, fromages.
- 50 % : acier, fer et aluminium ; luminaires ; produits laitiers ; sucres et farines ; bois, pâtes et papiers ; vêtements et produits de beauté.
| Taux | Exemples de secteurs |
|---|---|
| 15 % | Appareils agricoles, caoutchouc, plastiques, ventilation |
| 25 % | Véhicules, pièces, électroménagers, poissons, fromages |
| 50 % | Acier, aluminium, produits laitiers, sucres, bois, vêtements |
Un plan d’aide pour amortir le choc
En parallèle des surtaxes, Ottawa a prévu un paquet de soutien de 7,5 milliards de dollars destiné à aider travailleurs, agriculteurs et entreprises à « faire face à la tempête », selon la ministre. Le détail des mesures d’accompagnement n’est pas entièrement précisé dans le communiqué consulté ; le gouvernement met toutefois en avant l’objectif de préserver l’emploi et de consolider les chaînes d’approvisionnement nationales.
Le choix d’une riposte ciblée, assortie d’un volet d’aides, traduit la volonté d’Ottawa d’afficher une fermeté commerciale tout en limitant les conséquences sociales et économiques internes. À court terme, ces nouvelles taxes devraient, selon l’intention gouvernementale, protéger des secteurs jugés vulnérables à la politique américaine. Elles risquent toutefois d’entraîner des ajustements pour les entreprises qui dépendent d’importations américaines pour leurs intrants.
Pour les ménages et les indépendants, la combinaison d’une surtaxe sur des produits importés et d’un soutien budgétaire massif laisse plusieurs questions : augmentation possible des prix pour les biens importés, répercussions sur les coûts de production pour les entreprises, et redistribution des aides selon les filières. Le gouvernement canadien met l’accent sur la proportionnalité des contre-mesures — alignées « au dollar près », selon les termes officiels — et sur la nécessité de protéger l’appareil productif national.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales entre Ottawa et Washington, où chaque mesure de pression économique suscite une réponse ciblée. Les prochains jours devraient préciser la nature exacte des aides et les mécanismes d’indemnisation pour les secteurs touchés, ainsi que la réaction des partenaires commerciaux et des acteurs économiques canadiens.