La Cour suprême de justice de Mendoza a rendu une décision motivée, vendredi, par laquelle elle rejette le recours déposé par la plaignante et confirme le non-lieu dont bénéficient Oscar Jegou et Hugo Auradou, mis en cause pour viol aggravé après la nuit du 6 au 7 juillet 2024. Les magistrats estiment que les juridictions inférieures ont correctement apprécié les éléments du dossier et qu'il n'existe pas de charges suffisantes pour engager un procès.
Une décision détaillée et argumentée
Le texte de la décision, long d'une cinquantaine de pages, revient point par point sur les preuves, les témoignages et les expertises réunis au cours de l'enquête. Les juges ont notamment pris en compte :
- les déclarations successives de la plaignante et leurs éventuelles contradictions ;
- les échanges WhatsApp produits au dossier entre la plaignante et son amie identifiée comme Delfina D. dans lesquels le récit initial n'est pas présenté comme traumatique ;
- l'expertise psychologique qui, selon les magistrats, a relevé un récit ne paraissant pas "spontané" et faisant état de "contradictions, incohérences, fabulations et exagérations" ainsi que d'une possible influence extérieure.
« violence » et « abus »
La Cour précise que les premiers messages et audios échangés au lendemain des faits ne décrivent pas la situation en ces termes. Ce sont des éléments que les juges ne considèrent pas comme une preuve autonome de l'absence d'agression, mais comme des éléments pertinents pour apprécier la cohérence générale du récit de la plaignante.
Pourquoi le non-lieu est confirmé
Les trois magistrats de la Cour suprême ont estimé que les juridictions antérieures avaient déjà correctement évalué la portée des pièces et témoignages versés au dossier. Ils jugent que l'ensemble des éléments ne permet pas d'établir des charges suffisantes justifiant la tenue d'un procès pénal pour viol aggravé à l'encontre des deux joueurs.
La décision analyse en détail les preuves matérielles et l'ensemble des pièces d'enquête ; elle revient aussi longuement sur l'expertise psychiatrique et psychologique qui a pesé dans l'appréciation des magistrats, en soulignant les doutes sur la spontanéité et la cohérence du récit de la plaignante.
Conséquences et cadre procédural
En confirmant le non-lieu, la Cour suprême met fin, dans le cadre de la procédure pénale mendocine, au cheminement judiciaire qui aurait pu conduire à un renvoi devant une juridiction de jugement. La décision, motivée et publique, pourra toutefois alimenter d'éventuelles voies de recours ou analyses civiles distinctes, selon les prérogatives des parties et des avocats — options qui ne sont pas détaillées dans l'arrêt lui‑même.
| Date | Instance | Décision |
|---|---|---|
| 6–7 juillet 2024 | Nuit des faits allégués | Signalement d'une agression |
| 2026 (arrêt motivé) | Cour suprême de Mendoza | Rejet du recours et confirmation du non-lieu |
Les magistrats ont donc confirmé l'appréciation des juridictions précédentes concernant l'insuffisance de charges. L'arrêt souligne l'importance d'une appréciation globale et cohérente des éléments et met en lumière la place donnée aux pièces de communication immédiates — messages et audios — ainsi qu'aux conclusions des expertises psychologiques dans l'évaluation de la crédibilité du récit.
L'affaire avait pris une dimension publique en raison de l'implication d'internationaux du rugby français et de la couverture médiatique liée à la tournée du XV de France en Argentine. La décision de la Cour suprême de Mendoza clôt, pour l'heure, la voie pénale dans ce dossier précis en Argentine.