La Belgique doit se préparer à des épisodes de chaleur extrême plus fréquents et à leurs conséquences, avertit François Gemenne, spécialiste en géopolitique du climat et membre du GIEC. Invité au RTL info 19h mardi soir, il a souligné l’augmentation du risque d’incendies et demandé au gouvernement d’investir sans délai dans des moyens aériens de lutte, tels que les Canadair.
Un constat étayé par Copernicus
Le rappel intervient après l’annonce du service européen sur le changement climatique, Copernicus : l’Europe occidentale a connu la période juin-juillet la plus chaude jamais enregistrée. Pour M. Gemenne, ces données confirment que la Belgique est confrontée à un climat « transformé » et qu’il ne faut plus considérer les épisodes actuels comme exceptionnels.
« Nous n’avons pas de moyens aériens »
La critique de l’expert est limpide : si le pays veut éviter des dégâts comparables à ceux observés dans d’autres régions européennes, il faut adapter les outils de lutte. Selon lui, la priorité immédiate est l’achat de Canadair. Il rappelle par ailleurs que l’acquisition et la mise en service de tels appareils prennent plusieurs années, d’où la nécessité d’agir rapidement.
Impacts et priorités
Pour François Gemenne, les conséquences du réchauffement ne se limitent pas aux incendies : elles touchent l’agriculture, la gestion de l’eau et les infrastructures. Mais c’est bien le risque d’incendies, déjà visible cet été en Belgique, qui exige une réponse opérationnelle urgente. Son message est double : arrêter de considérer ces événements comme ponctuels et engager des mesures d’adaptation concrètes.
- Observation : multiplication des épisodes de chaleur extrême en Europe occidentale (Copernicus).
- Constat national : moyens aériens de lutte contre les incendies insuffisants en Belgique.
- Recommandation : commander des Canadair sans délai — processus long, donc à anticiper.
Conséquences politiques et opérationnelles
La demande soulève plusieurs questions politiques : qui financera ces achats, sur quel calendrier et comment intégrer ces appareils dans la chaîne de commandement des services de secours ? En Belgique, la compétence opérationnelle en matière de lutte contre les incendies relève des zones de secours et de la coordination fédérale en cas de crise majeure. L’intégration d’appareils aériens demande une planification logistique, des bases d’exploitation possibles et une coordination entre instances communales, provinciales et fédérales.
Sur le plan financier, l’acquisition et l’entretien d’appareils spécialisés représentent un coût important. M. Gemenne n’a pas fourni d’estimation chiffrée lors de son intervention ; son appel se concentre sur l’urgence d’engager la procédure d’achat pour éviter un décalage entre l’évolution du risque et la disponibilité des moyens.
| Élément | Situation |
|---|---|
| Températures récentes (juin–juillet) | Plus chaudes jamais observées en Europe occidentale (Copernicus) |
| Moyens aériens en Belgique | Actuellement insuffisants, selon l’expert |
| Temps d’acquisition | Plusieurs années — nécessité d’anticipation |
Le message de M. Gemenne devrait relancer le débat au sein du gouvernement sur l’adaptation au changement climatique, au-delà des seuls objectifs de réduction des émissions. Plusieurs ministères — de la Défense, de l’Intérieur et de l’Environnement — ainsi que les autorités locales seront concernés si la piste des Canadair est retenue.
En attendant une réponse politique, les alertes successives des services météorologiques et des experts du climat mettent en garde : l’augmentation des températures et la fréquence des épisodes secs changent la nature des risques en Belgique. Pour l’heure, c’est un appel à l’anticipation opérationnelle que lance l’un des spécialistes nationaux du dossier.