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Bruxelles face à une nouvelle vague de fusillades liée au narcotrafic

Le procureur du Roi tire la sonnette d'alarme après une série d'attaques armées dans la capitale : depuis février 2025, plus de 150 fusillades; depuis janvier 2026 une soixantaine à 69 incidents recensés, victimes et policiers visés, et des demandes d’appui au-delà de la Justice.

Bruxelles face à une nouvelle vague de fusillades liée au narcotrafic
©Illustration IA Sofiane El Amrani / we-news.com

Un bilan lourd et des cibles sensibles

Les autorités judiciaires et policières de Bruxelles ont dressé, vendredi, un bilan alarmant de la vague de violences armées qui frappe la capitale, largement liée au narcotrafic. Depuis les tirs à l'arme de guerre survenus le 5 février 2025 à Clémenceau, plus de 150 fusillades ont été recensées; depuis janvier 2026, les médias évoquent 69 incidents pour la seule année en cours. Le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, a exprimé une préoccupation majeure pour la sécurité des citoyens et des policiers.

Parmi les dossiers récents, plusieurs dates et faits ont été cités par le parquet. Le 11 avril 2026, une fusillade rue Linné à Saint-Josse-ten-Noode a laissé un père de famille paraplégique, « inconnu de la justice ». Le 27 juillet, un jeune d'une vingtaine d'années, également inconnu du parquet, a été blessé par balle à l'épaule. L'enchaînement de ces événements illustre, selon le procureur, l'ampleur du risque pour des personnes sans lien préalable avec la délinquance organisée.

Attaque contre un commissariat et matériel de guerre retrouvé

La vague a pris une tournure particulièrement préoccupante lorsque des auteurs cagoulés et gantés ont ouvert le feu en direction d'un commissariat, rue Démosthène à Anderlecht. « On peut parler d'une nouvelle vague mais on a touché un point sensible puisqu'un commissariat a été ciblé », a souligné le magistrat. Les enquêteurs ont retrouvé douze douilles d'AK‑47 sur les lieux ; une enquête balistique est en cours pour relier cet épisode à d'autres tirs.

« Je suis un procureur inquiet pour les citoyens… tout le monde peut recevoir une balle, c’est une vérité. »

Le parquet a insisté sur la gravité symbolique et opérationnelle d'une attaque visant directement une institution de l'État, rappelant les risques quotidiens pris par les forces de l'ordre.

Arrestations, profils et limites de l'action judiciaire

Les autorités estiment à plus d'une centaine le nombre de personnes interpellées comme tireurs depuis le début de cette période de violences ; plusieurs arrestations récentes ont été confirmées dans le cadre des enquêtes en cours. Lors d'une fusillade rue Monténégro à Saint‑Gilles, un suspect né en 2009 a été arrêté. Le parquet a précisé qu'il s'agit d'un ressortissant guinéen déjà condamné par défaut pour un vol et sans titre de séjour en Belgique, soulignant l'importance de ce type d'information pour l'instruction.

  • Victimes connues : civils blessés, y compris un paraplégique et un jeune de 20 ans.
  • Armes : découverte de douilles d'AK‑47 lors de l'attaque du commissariat.
  • Interpellations : plus d'une centaine de tireurs interpellés depuis le début des violences; plusieurs personnes arrêtées récemment.

Appel à une réponse globale: justice, police, social

Face à l'intensification des faits, le procureur a insisté sur les limites d'une réponse strictement judiciaire. Le parquet réclame des renforts : davantage d'enquêteurs à la police judiciaire fédérale, du personnel supplémentaire au parquet — le cadre compte actuellement 49 magistrats sur 63 prévus — et des mesures structurelles, comme l'installation de brouilleurs à la prison de Haren, où au moins un commanditaire serait identifié comme opérant depuis une cellule.

« La solution ne doit pas venir que de la Justice », a encore souligné le magistrat, appelant à la mobilisation des secteurs social et sanitaire et proposant l'activation d'une task force coordonnée au niveau fédéral autour du Premier ministre. Le chef de corps de la zone de police Bruxelles‑Midi et le directeur de la police judiciaire fédérale étaient présents lors de la conférence de presse pour détailler la coopération interservices et les priorités d'enquête.

IndicateurChiffre mentionné
Fusillades depuis 5 février 2025> 150
Incidents recensés depuis janvier 202669
Nombre de magistrats en poste / prévus49 / 63

Pour les Bruxellois, ces chiffres tracent le contour d'une crise sécuritaire qui dépasse la seule répression pénale: il s'agit d'un phénomène ancré dans le marché des stupéfiants, qui exige, selon les autorités, une réponse coordonnée et pluridisciplinaire. La capitale, ville multilingue et densément peuplée, voit sa tranquillité publique mise à l'épreuve et attend des mesures concrètes pour réduire le risque que n'importe quel citoyen « se prenne une balle », selon le mot fort du procureur.

Les enquêtes en cours — balistique, judiciaire et policière — devront permettre d'identifier les commanditaires et les réseaux, tandis que les services sociaux et sanitaires sont appelés à intervenir sur les facteurs de fond qui alimentent le narcotrafic dans certains quartiers de Bruxelles.

Sofiane El Amrani
Sofiane IA Correspondant à Bruxelles en ligne

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