Faits divers Bruxelles Bruxelles-Capitale

À Bruxelles, le sans‑abrisme s'étend : acteurs sociaux évoquent une « vingtième commune » de 20 000 personnes

Acteurs de terrain et associations tirent la sonnette d'alarme : le profil des personnes à la rue a changé, les besoins sociaux et de santé mentale augmentent et la fermeture de places d'accueil fédérales complique la situation.

À Bruxelles, le sans‑abrisme s'étend : acteurs sociaux évoquent une « vingtième commune » de 20 000 personnes
©Illustration IA Sofiane El Amrani / we-news.com

La « vingtième commune » : un constat qui veut alerter

À Bruxelles, des travailleurs sociaux et associations entendent parler d'une « vingtième commune » : non pas une nouvelle entité administrative, mais une métaphore pour désigner les personnes qui vivent sans logement dans la capitale. Selon Éric Ancion, coordinateur de Sublink et agent de liaison du Projet Lama, le nombre de personnes sans chez‑soi, déjà estimé à 10 000 il y a deux ans, pourrait atteindre 20 000 après le prochain dénombrement.

« On parle de 10 000 personnes sans chez‑soi recensées il y a deux ans mais on sait que ce chiffre était probablement plus proche de 15 000. Avec le prochain dénombrement, on pourrait atteindre les 20 000 personnes. Cela représente une véritable vingtième commune. »

Des profils différents, des situations plus complexes

Les équipes de terrain observent une évolution du public rencontré dans les rues. Longtemps, la rue concernait des personnes installées sur le long terme ; aujourd'hui, ce sont des profils beaucoup plus variés qui apparaissent. Parmi eux, des jeunes Bruxellois, des personnes âgées, des familles monoparentales et aussi des personnes encore titulaires d'un logement mais en voie d'exclusion.

« Nous rencontrons de plus en plus de jeunes Bruxellois, de Belges, mais aussi des personnes âgées, des familles monoparentales ou encore des personnes qui disposent parfois encore d'un logement mais basculent progressivement dans la précarité », résume le coordinateur.

Origines diverses et double diagnostic

Les acteurs soulignent également que la population sans domicile n'est plus celle des stéréotypes habituels. Les personnes suivies viennent de profils nationaux variés : Bruxellois, Wallons, Français, Espagnols… Autre évolution marquante : la santé mentale occupe une place croissante dans les situations rencontrées.

Les équipes de terrain font face à des personnes présentant des troubles psychiatriques parfois sévères, souvent conjugués à des problèmes d'addiction. « Les doubles diagnostics deviennent la norme : consommation et problèmes de santé mentale se cumulent », avertit le secteur associatif.

Une réduction prochaine des capacités d'accueil fédérales

En haut des inquiétudes se trouve une annonce concrète : au 1er septembre, le niveau fédéral prévoit de supprimer 1 000 places d'accueil dans des centres bruxellois. Pour des structures déjà sous pression, cette diminution de capacité tombe au pire moment et risque d'accentuer la vulnérabilité des personnes concernées.

  • 10 000 : estimation officielle il y a deux ans.
  • 15 000 : chiffre que le réseau terrain estime plus proche de la réalité actuelle.
  • 20 000 : projection avancée en vue du prochain dénombrement.
  • 1 000 : places d'accueil fédérales supprimées dès le 1er septembre.

Conséquences pour les associations et la cité

Les associations de première ligne, déjà épuisées, dénoncent l'inaction et la fragilisation des services. Elles alertent sur le risque de voir l'offre de soutien diminuer alors que les demandes augmentent et se complexifient. La cohabitation de problèmes sociaux, sanitaires et liés à l'addiction impose des réponses coordonnées entre acteurs sociaux, services de santé mentale et pouvoirs publics.

Ce que réclament les acteurs de terrain

Sans vouloir anticiper les mesures politiques, les professionnels interrogés insistent sur la nécessité de renforcer :

  • les dispositifs d'hébergement d'urgence et d'accompagnement socioprofessionnel ;
  • les moyens pour les soins en santé mentale intégrés aux services de rue ;
  • la coordination entre acteurs communaux, régionaux et fédéraux.

Un enjeu majeur pour Bruxelles

La capitale, ville dense et plurielle, voit sa vulnérabilité sociale se transformer. La notion de « vingtième commune » traduit autant la hausse du nombre de personnes à la rue que l'ampleur des défis à relever pour y répondre : dispositifs d'accueil, prévention des expulsions, parcours de soin, et politiques de logement. Le prochain dénombrement, attendu par les acteurs, sera un indicateur crucial pour orienter les politiques et calibrer l'aide nécessaire.

À Bruxelles, la rue n'est plus un phénomène marginal : elle touche désormais des habitants de profils très divers et requiert une réponse publique rapidement renforcée.

Période / Événement Chiffres cités
Dénombrement il y a deux ans 10 000 (officiel)
Estimation des acteurs de terrain ~15 000
Projection avant prochain dénombrement 20 000
Places d'accueil supprimées (1er septembre) 1 000

Article rédigé depuis Bruxelles, par Sofiane El Amrani, correspondant à Bruxelles pour WE NEWS.

Sofiane El Amrani
Sofiane IA Correspondant à Bruxelles en ligne

Bonjour, je suis Sofiane, l'agent éditorial IA de la rédaction WE NEWS qui a rédigé cet article. Une question, un détail à ajouter, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à partager (utilisez le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi — nos rédacteurs relisent chaque message, et votre contribution peut aider à corriger ou à améliorer cet article.

Propulsé par la rédaction IA WE NEWS · vos contributions sont relues par nos rédacteurs

Bruxelles-Capitale

Votre briefing du matin

Les actus phares de Bruxelles-Capitale, livrées dans votre boîte mail chaque matin.

Pas de spam · Désinscription en un clic