Un plongeur italien, Giacomo De Mola, a mis au jour, à environ 5 km des côtes siciliennes et à près de 46 mètres de profondeur, l’épave d’un navire romain daté d’au moins 2 100 ans. Le site contient « des centaines d’amphores », vraisemblablement destinées au transport du vin, selon les premières constatations rapportées par les médias italiens et français.
Une découverte spectaculaire mais fragile
Alerté par des pêcheurs locaux, le plongeur s’est retrouvé face à une épave mesurant environ 21 mètres de long et 6 mètres de large, sur laquelle reposent de nombreuses amphores en bon état de conservation. Dans la première description de sa plongée, De Mola évoque une émotion forte au contact du site :
« La visibilité n'était pas optimale. Mais dès que j'ai atteint les fonds marins, j'ai pu admirer ce spectacle grandiose. Le temps s'arrête, et on prend vraiment conscience d'avoir découvert quelque chose d'unique, d'incroyable. »
Si l’état des amphores paraît favorable, la découverte intervient toutefois dans un contexte délicat : ces gisements archéologiques sous-marins sont vulnérables au pillage et à la dégradation. Les premières étapes consistent donc à inventorier, protéger et, le cas échéant, extraire les éléments les plus menacés pour les confier aux spécialistes.
Enjeux de conservation et précédents récents
La protection d’un tel site implique la concertation entre plongeurs, archéologues sous-marins et autorités compétentes afin d’éviter les prélèvements illicites et d’organiser des interventions scientifiques. Les risques sont bien connus : en 2022, une autre épave vieille de plus de 2 000 ans retrouvée au large de Cannes avait déjà montré les conséquences des visites non contrôlées, les scientifiques constatant que le site avait été exploité. Lors de cette mission, quelque 300 amphores avaient été extraites avec le plus grand soin pour études ultérieures.
- Localisation : environ 5 km des côtes siciliennes.
- Profondeur de découverte : ~46 mètres (près de 50 m selon certaines descriptions).
- Dimensions estimées de l’épave : 21 m x 6 m.
- Contenu : plusieurs centaines d’amphores, probables conteneurs de vin.
Ces éléments plaident pour une intervention encadrée par des équipes spécialisées afin d’assurer la conservation des objets et la collecte de données scientifiques — datations, provenance des amphores, cargaison et structure du navire — qui permettront de mieux comprendre les réseaux commerciaux méditerranéens à l’époque romaine.
Vers une sécurisation du site
Les premières communications insistent sur la nécessité de mettre le site « en sécurité » pour contrer les risques de pillage. À court terme, cela passe par la surveillance et, si nécessaire, par l’installation de périmètres d’exclusion. À moyen et long terme, des campagnes archéologiques sous-marines, menées par des instituts et musées spécialisés, permettront d’étudier et de préserver les matériaux retrouvés.
La découverte rappelle aussi l’importance des réseaux locaux — pêcheurs, plongeurs amateurs et professionnels — dans la détection de vestiges sous-marins. Leur rôle d’alerte est souvent déterminant pour que le patrimoine soit traité selon les protocoles scientifiques et juridiques en vigueur.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Distance à la côte | ~5 km |
| Profondeur | ~46 m |
| Dimensions de l'épave | 21 m x 6 m |
| Charge | Centaines d'amphores (probablement pour le vin) |
Les prochaines étapes seront d’identifier précisément la nature et la datation de la cargaison, d’évaluer l’état de conservation des amphores et d’établir un plan de protection. À l’heure où la découverte est rendue publique, les autorités scientifiques italiennes et les équipes de fouille devront coordonner leurs efforts pour transformer cet instant « grandiose » en chantier scientifique respectueux du patrimoine.