Un service en recomposition après des départs et des absences
La commune d'Anderlecht a annoncé la réactivation du balayage du week-end dans le quartier de Cureghem, une décision prise après des signalements répétés d'accumulation de déchets et de dépôts sauvages. La mesure a été présentée en conseil communal à la suite d'interventions d'habitants et d'échevins qui ont pointé des défaillances dans le fonctionnement du service Propreté.
Des problèmes structurels mis en avant par les riverains
Un habitant, intervenant au nom de plusieurs quartiers de Cureghem, a demandé qu'un audit externe et indépendant soit mené sur le service. Il a décrit plusieurs problèmes : équipes insuffisantes, matériel vétuste, tournées supprimées, mouvements de personnel (départs et demandes de mutation) et un niveau d'absentéisme important. Il a également soulevé la question d'éventuelles situations de pression ou de harcèlement et la nécessité d'une analyse des risques psychosociaux.
« transformation profonde »
Ces préoccupations ont été confirmées par des élus. Bekay Chihi (Écolo) a dénoncé l'accumulation de déchets autour des Abattoirs et le fait que le balayage ait été interrompu le week-end sur la place Clémenceau, malgré une fréquentation importante du site.
La réponse de la commune : renforts et plan Propreté 2030
L'échevin de la Propreté, Achille Vandyck (MR), a annoncé le retour d'une équipe de balayeurs le week-end après les événements de septembre. Il a expliqué que le service avait perdu une grande partie de ses agents engagés via le contrat article 60 et qu'il reconstituait progressivement ses effectifs, notamment au travers de stages First.
L'échevin a par ailleurs défendu une « transformation profonde » du service dans le cadre du plan Propreté 2030, sans toutefois donner de calendrier précis sur la totalité des mesures envisagées.
Vidéosurveillance, chiffres et négociation avec la SA Abattoir
La commune a communiqué quelques chiffres sur la détection des dépôts illégaux : au premier semestre 2026, 621 dépôts ont été recensés, dont 301 identifiés grâce aux caméras. Anderlecht dispose actuellement de 22 caméras et prévoit de les doubler progressivement.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Dépôts comptabilisés (1er sem. 2026) | 621 |
| Repérés via caméras | 301 |
| Caméras en service | 22 |
Une convention est par ailleurs en négociation avec la SA Abattoir. La société affirme déjà assurer le nettoyage de certains trottoirs proches du marché, mais refuse de prendre en charge les déchets dont elle ne se considère pas responsable.
Ce que demandent les habitants
Les interventions en conseil mettent en lumière des demandes récurrentes des riverains :
- la réalisation d'un audit externe et indépendant du service Propreté ;
- le renforcement des équipes et du matériel ;
- une clarification des responsabilités entre la commune et la SA Abattoir ;
- et une meilleure prévention des dépôts sauvages, notamment via la vidéosurveillance et des campagnes de sensibilisation.
La réintroduction d'une équipe de balayage le week-end répond à une demande immédiate des quartiers, mais laisse subsister des interrogations sur la capacité de la commune à stabiliser durablement le service et à traiter les causes profondes de l'accumulation des déchets. Les prochaines étapes annoncées — renforts d'effectifs via des stages, augmentation progressive du parc de caméras et négociations avec la SA Abattoir — seront suivies de près par les riverains et les associations locales.
Pour les habitants d'Anderlecht, la question reste désormais de savoir si ces mesures permettront de passer d'une solution ponctuelle à une stratégie soutenable et lisible pour l'ensemble de la commune.