Le ministre délégué à l'Europe, Benjamin Haddad, a annoncé le 26 août qu'il apporterait son soutien à Édouard Philippe pour l'élection présidentielle prévue en avril-mai 2027. Interrogé sur France 2, M. Haddad a expliqué voir en l'ancien Premier ministre « le mieux placé pour rassembler » la famille politique centriste et « élargir » vers la droite.
Un soutien gouvernemental signifiant
La prise de position de Benjamin Haddad, membre du parti Renaissance, intervient dans un contexte de recomposition des soutiens au sein de la majorité et des forces centristes. Elle suit plusieurs autres déclarations publiques en faveur d'Édouard Philippe émises récemment par des personnalités proches du pouvoir.
« Je pense qu'il est le mieux placé pour rassembler notre famille politique et élargir et notamment faire l'alliance du centre et de la droite que j'espère. »
Sur France 2, M. Haddad a expliqué être séduit par le « message ferme sur le régalien, sur la sécurité et sur les migrations » porté par l'ancien maire du Havre, ainsi que par son ambition sur la scène internationale et européenne.
Ruptures et fidélités au sein de Renaissance
Le ralliement de Benjamin Haddad s'inscrit dans un parcours politique récent marqué par des choix divergents : début 2026, il avait soutenu la campagne municipale de Rachida Dati (Les Républicains) à Paris, en rupture avec la ligne officielle de son camp qui soutenait Pierre-Yves Bournazel (Horizons). Cette autonomie de position illustre les tensions persistantes entre élus centristes et les logiques de coalition avec la droite modérée.
L'annonce intervient alors que plusieurs membres du gouvernement ont déjà exprimé leur soutien à Édouard Philippe :
- Gérald Darmanin, ministre de la Justice,
- Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement,
- Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique,
- Benjamin Haddad, ministre délégué à l'Europe.
| Personne | Fonction |
|---|---|
| Gérald Darmanin | Ministre de la Justice |
| Maud Bregeon | Porte-parole du gouvernement |
| Mathieu Lefèvre | Ministre de la Transition écologique |
| Benjamin Haddad | Ministre délégué à l'Europe |
Enjeux et conséquences
Ce soutien ministériel pose plusieurs questions politiques pour la majorité et pour l'espace centriste :
- La capacité d'Édouard Philippe à fédérer des élus et cadres de la majorité autour d'une offre politique commune en vue de 2027 ;
- La gestion des désaccords internes, notamment quand des ministres ou cadres se prononcent publiquement en faveur d'un candidat externe à la ligne officielle ;
- L'impact sur les alliances possibles entre le centre et la droite modérée, alors que M. Haddad évoque explicitement l'objectif d'« élargir » au-delà du centre.
La présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027 approche et la multiplication des soutiens visibles à des personnalités hors du noyau gouvernemental témoigne d'une campagne précoce de conquête des relais. Pour l'heure, aucune décision formelle d'alliance ou d'investiture n'a été annoncée par le gouvernement lui‑même.
En faisant connaître publiquement son choix, Benjamin Haddad marque un mouvement supplémentaire dans la recomposition du paysage politique à droite et au centre. Reste à mesurer si ces prises de position individuelles se traduiront par une consolidation des soutiens et une stratégie commune en vue de l'élection présidentielle.
La suite dépendra des annonces qui seront faites par les acteurs concernés et de la manière dont la direction de Renaissance et d'autres formations centristes répondront à ces signaux publics.