Yvette Roudy, personnalité majeure du mouvement féministe français et première titulaire d’un véritable ministère des « droits de la femme », est décédée mardi à l’âge de 97 ans, a annoncé son neveu à l’AFP. Elle est morte dans la matinée dans la résidence médicalisée de Cabestany (Pyrénées-Orientales) où elle était installée depuis trois ans, a précisé Jean‑Pierre Saldou.
Une carrière ministérielle et des lois durables
Entrée au gouvernement à la suite de l’élection présidentielle de 1981, Yvette Roudy a exercé la fonction entre 1981 et 1986 au sein des rangs socialistes, devenant la première responsable d’un ministère consacré officiellement aux droits des femmes. Ce positionnement a permis d’inscrire les revendications féministes dans l’agenda de l’exécutif et d’aboutir à des mesures concrètes.
Parmi ses actions les plus marquantes figurent :
- le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale ;
- la loi du 13 juillet 1983 relative à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, souvent associée à son nom ;
- son rôle dans la reconnaissance officielle du 8 mars comme Journée internationale des droits des femmes en France.
Une militante présente au long cours
Au-delà de son passage au gouvernement, Yvette Roudy a poursuivi son engagement politique et militant. Le texte précise qu’elle fut aussi une inspiratrice des débats ayant mené, plus tard, à la loi sur la parité adoptée en 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin. Son action a été saluée comme déterminante par des responsables politiques, notamment à gauche.
« Jusqu’au bout, elle demeura une militante exigeante, libre et infatigable, convaincue que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. »
Cette phrase figure dans le communiqué cité par l’article et émane de la ministre chargée de l’égalité femmes‑hommes, Aurore Bergé, qui a ainsi rendu hommage à la constance de son combat.
Réactions institutionnelles
L’Élysée a salué la mémoire d’« une pionnière, d’une grande figure du féminisme » qui, selon le communiqué, a « fait entrer l’égalité au cœur de l’action gouvernementale ». Plusieurs responsables socialistes et personnalités de la gauche ont également rappelé l’importance des avancées législatives qu’elle a portées.
| Élément | Dates / précisions |
|---|---|
| Mandat ministériel | 1981‑1986 |
| Loi sur l’égalité professionnelle | 13 juillet 1983 |
| Inspiration pour la parité | Loi de 2000 (gouvernement Jospin) |
| Décès | Mardi, à 97 ans, à Cabestany |
Héritage et enjeux présents
Le parcours d’Yvette Roudy rappelle la façon dont les institutions ont intégré, à partir des années 1980, des revendications féministes longtemps portées par la société civile. Ses textes et décisions — remboursement de l’interruption volontaire de grossesse, lutte pour l’égalité professionnelle, reconnaissance symbolique du 8 mars — constituent des jalons encore mobilisés aujourd’hui par les associations et les responsables publics.
Si ses partisans soulignent que ces acquis « demeurent », comme le rapporte le communiqué présidentiel, la disparition d’une figure de cette génération suscite également des interrogations sur la capacité des forces politiques contemporaines à pousser plus loin l’égalité effective dans l’emploi, la rémunération et l’accès aux responsabilités.
Le décès d’Yvette Roudy ouvre une période d’hommages publics et de réévaluation de son influence sur les politiques publiques en matière d’égalité femmes‑hommes. Les réactions officielles, déjà nombreuses, témoignent de la place que cette ancienne élue et militante occupait dans la mémoire politique nationale.
Les détails sur les obsèques et les hommages locaux seront précisés ultérieurement par la famille et les autorités concernées.