« Quand la France brûle, l’État sait nous trouver. Mais quand on demande à être entendus, on n’existe plus », lâche Gérôme Buisson. Référent du syndicat des sapeurs‑pompiers volontaires de France (SSPVF) pour l’Eure‑et‑Loir, cet Eurélien de 52 ans — pompier volontaire depuis 33 ans — exprime l’amertume d’une partie des volontaires du département après la réunion du 13 août à Paris.
Exclusion du rendez‑vous national
Jeudi 13 août, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, recevait les représentants des syndicats de sapeurs‑pompiers professionnels à Paris dans le cadre d’une journée nationale d’action. Les volontaires, qui n’étaient pas en grève ce jour‑là, n’ont pas été invités, selon le référent départemental. Cette absence d’invitation est vécue comme une mise à l’écart par ceux qui estiment pourtant jouer un rôle essentiel sur le terrain.
Gérôme Buisson, nommé référent départemental du SSPVF au printemps dernier, intervient dans les secteurs de Villemeux et Épernon. Son parcours — plus de trois décennies de volontariat — confère du poids à son interpellation : il ne demande pas des privilèges, mais « juste » d’être associé au dialogue social.
Une demande simple : être entendus
Le reproche formulé est net. Pour le référent du SSPVF en Eure‑et‑Loir, la pratique des convocations aux réunions nationales donne l’impression que seul le monde professionnel est pris en compte lorsque l’État reçoit les organisations. Les volontaires, qui œuvrent quotidiennement au contact des populations locales, souhaitent être reconnus et consultés sur les sujets qui concernent l’organisation des secours et les conditions d’exercice.
« Quand la France brûle, l’État sait nous trouver. Mais quand on demande à être entendus, on n’existe plus »
Un rôle local mis en avant
Sans contester la mobilisation des professionnels, le message porté par le SSPVF est que les volontaires constituent une composante incontournable du dispositif de secours, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Leur proximité géographique et leur implantation locale — illustrée par l’activité dans des communes comme Villemeux et Épernon — en font des acteurs de première ligne pour la sécurité des habitants.
Sur le terrain, la question de la reconnaissance ne se limite pas aux honneurs symboliques : elle touche au financement, à la formation, à la durée et aux conditions d’intervention, autant de points sur lesquels les volontaires souhaitent être consultés afin d’adapter les politiques publiques aux réalités locales.
Les volontaires face au calendrier politique
La convocation des syndicats professionnels le 13 août s’est déroulée dans un contexte de mobilisation nationale de ces organisations. Le fait que les volontaires n’aient pas été associés à cette instance de dialogue alimente le sentiment d’un décalage entre la centralité des décisions et la diversité des acteurs du secours.
Gérôme Buisson et ses collègues demandent donc non une confrontation mais une écoute ; ils insistent sur la nécessité d’un dialogue social plus inclusif qui prenne en compte toutes les formes d’engagement au sein des services d’incendie et de secours.
Conséquences locales et attentes
À l’échelle départementale, l’appel du référent du SSPVF vise à alerter les élus locaux, les commandements et l’opinion publique sur la nécessité d’intégrer les volontaires dans les discussions qui orientent l’avenir du secours. Sans changement de méthode, le risque est de voir s’accroître un sentiment d’éloignement entre les décideurs et les acteurs opérationnels locaux.
Le SSPVF départemental souhaite ainsi obtenir des garanties sur la représentativité des volontaires lors des instances de dialogue et sur la prise en compte de leurs propositions concernant la formation, la protection et l’organisation des secours.
- Réclamation principale : inclusion des volontaires dans le dialogue national et départemental.
- Contexte immédiat : réunion du 13 août entre le ministre et les syndicats professionnels.
- Acteur local cité : Gérôme Buisson, référent SSPVF Eure‑et‑Loir, pompier volontaire depuis 33 ans.
| Élément | Donnée citée |
|---|---|
| Nom du référent | Gérôme Buisson |
| Âge | 52 ans |
| Années de volontariat | 33 ans |
| Secteurs d’intervention | Villemeux, Épernon |
Le débat ouvert par ces prises de parole devrait prochainement trouver des prolongements au niveau local, où élus et commandements peuvent être sollicités pour faciliter la mise en place d’espaces de concertation plus larges. En attendant, les volontaires d’Eure‑et‑Loir demandent avant tout d’être reconnus comme interlocuteurs légitimes dans l’organisation du secours public.